la roulotte

Lieu de vie d'un vagabond
 
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 La fin de deux amis...

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Tang
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MessageSujet: La fin de deux amis...   Ven 28 Sep - 16:56




Bros a écrit:
Une chambre de l'auberge Le Lys et la Rose, à Bourbon

Les derniers jours avaient été particulièrement pénibles. Il ne trouvait plus le sommeil. Il s’alimentait avec difficulté. Il était extrêmement nerveux, constamment sur le qui-vive, semblant craindre une menace indéfinie. Il était habitué à vivre sous pression, certes, mais il la supportait de moins en moins bien, l’âge aidant. Il ne voulait pas quitter Montpensier quand la guerre, à laquelle il s’était vivement opposé jusqu’au sein du Conseil Ducal, fut déclarée ; néanmoins, il finit par accepter de suivre Ondine, et d’aller défendre Bourbon contre d’éventuelles attaques berrichonnes.

Ce soir-là, sa bien-aimée épouse était sur les remparts. Lui avait choisi de rester à l’auberge. Il ne se sentait pas très bien, et préféra se reposer un peu. Il n’aima pas la lueur d’inquiétude dans le regard de sa compagne lorsqu’elle le quitta. Il se sentait fébrile, mais n’en laissa rien paraître.

Une fois arrivé dans sa chambre, à la nuit tombée, il se déshabilla lentement, précautionneusement. Il eut la curieuse impression d’être un vieillard, au cœur lourd et à l’esprit indocile. Lorsqu’il fut entièrement nu, il s’allongea, et tâcha de fermer les yeux pour dormir un peu. Mais une sourde et lancinante douleur le taraudait. Il se tourna, se retourna, chercha une position confortable. Il n’y en avait point. Il finit par se mettre sur le dos, les yeux grand ouvert, et fixa le plafond en rêvassant.

Lui revinrent en mémoire des souvenirs enfouis, ou oubliés. De son enfance, il ne se rappelait rien. Il savait n’avoir jamais connu son père ; de sa mère, il n’avait gardé que l’idée d’une présence réconfortante. Il aurait été bien incapable de reconnaître son visage, ou sa voix., aujourd’hui. Etaient-ils morts, à cette heure ? Probablement ; mais il n’en saurait jamais rien.

Son premier souvenir vivace, c’était la peur, née d’un terrible sentiment de solitude. En grandissant, il avait petit à petit appris à s’en accommoder, tant bien que mal. Et, un jour, il décida de poser ses maigres bagages dans un village lui semblant plus accueillant que les autres. C’était Montpensier… La vraie vie pouvait commencer.

Il se revoyait errer dans les ruelles, tel un jeune loup s’étant un peu trop éloigné de la meute. Le morveux qu’il était voulait tout, et son contraire. La renommée, autant que l’anonymat. La richesse autant que la sagesse. Il ne voulait pas choisir. Il savait que son instinct le mènerait sur la bonne voie. Il avait toujours cru en sa bonne étoile. Celle-ci le conduisit jusqu’à l’homme qui fut son premier mentor : Lafouine, alors maire du village. Le jeune loup devint alors un animal politique, prenant progressivement goût au pouvoir, pour des raisons plus ou moins honorables. Il désirait ardemment et sincèrement le bonheur et la prospérité de la communauté, aussi fort qu’il rêvait d’être reconnu, et qu’on lui donne du « Seigneur »… Il cligna des yeux.

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Tang
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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Ven 28 Sep - 16:59



ondine a écrit:
[Au même instant ou presque non loin de là, sur les remparts]

Une nouvelle ronde commençait… Ondine le nez au vent, le visage éclairée par une lune pâle commençant lentement sa course fixait des yeux le chemin menant vers Bourbon, … Le vent venu du Nord soulevait les pans de sa lourde cape de voyage, jouant avec de ses cheveux roux désormais revenus à une longueur plus normale : presque effacées les traces de sa dernière mésaventure !

La jeune baronne passait une main agacée à intervalles réguliers dans sa flamboyante chevelure, chassant les mèches rebelles de ses yeux. Elle ignorait pourquoi la mélancolie, insidieuse et contraignante l'envahissait ce soir…

Elle s'appuya des deux mains sur un des créneaux qu'elle longeait d'un pas lent la tête tournée vers le Berry ; le regard parcourant sans le voir l'horizon en laissant ses pensées vagabonder vers le passé, ressassant le présent et s'interrogeant sur l'avenir…


Des images de sa terre d'origine qui lui reviennent peu à peu : Normandie gaie, vibrante, libre, belliqueuse parfois ; un peuple uni aimant les siens, les aidant, les protégeant … en toutes circonstances.
Normandie : son berceau, son école aussi : Apprendre la joie, la souffrance, le travail ; Se donner aux autres sans compter, se battre pour ses idées, partager... Normandie : Forge chaleureuse d'un caractère bien trempé et qui décidera du sens de toute une vie.
Normandie : Par elle souvent prise en exemple, souvent regrettée, jamais oubliée ni… retrouvée.

Un mince sourire se dessine aux souvenirs de ces hommes et femmes qu'elle a aimés profondément, sans artifice… Atténués les soucis, les peines, la guerre pour ne garder que le meilleur, perdurant dans ses actes tout au long de ces dernières années.


Un départ pour le Bourbonnais-Auvergne que les pensées retracent ; ce voyage qui aurait dû être une fête et qui a tourné au cauchemar. Nul doute dans son esprit : Aristote à guidé ses pas, renforcé sa volonté de ne pas faiblir et de continuer sa route, grâce lui en soit rendue.
Ce Duché pour son arrivée sur ses terres lui a offert le plus grand des bonheurs : trouver l'âme sœur Une simple averse, la pluie qui chante sur un toit d'auberge ; quelques mots prononcés soudain par un Juge sévère au regard pourtant bon et généreux venu s'abriter là et qui accompagne son étonnement ravi d'un grand sourire.

"Ohhhh… Une économiste !"

Entend et ré-entend encore souvent cette voix grave résonner à ses oreilles…

Petit rire de gorge, attendrissement, yeux qui se voilent…


Destin, hasard, prédestination... Qui sait ? Cette rencontre inespérée aura profondément modifié le cours de deux vies...

"La Fontaine du Crest" : Ce nom est gravé dans son souvenir comme le départ d'une nouvelle vie, passionnante, imprévue et tellement riche d'émotions… Ce voyage pour traverser le Royaume, rejoindre Bayeux en y laissant tout : maison, amis, armée, parti… Trajet en sens inverse pour venir s'installer à Montpensier…

Un soupir, des regrets mais aucun remord. Jamais…


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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:55



Bros a écrit:
La chambre de l'auberge, le lit

Lafouine fut donc le premier à lui faire confiance, et il ne voulait surtout pas décevoir celle-ci. Alors, il se mit à travailler, sans relâche, encouragé par la bienveillance de ceux qui furent, de près ou de loin, ses compagnons de route.

Volubile, habile rhétoricien, il ne tarda pas à se construire une petite réputation. D’aucuns lui prédisaient un grand avenir. Il refusait en riant cette idée, tout en espérant vivement que ceux qui disaient ce genre de choses aient raison. L'important n'était pas là, il le savait. Il fit de belles et grandes rencontres, et d’autres dont il se serait bien passé ; cette vie qu’il menait, elle avait été riche et bien remplie. Ca, c'était l'essentiel.

Il y avait eu la soule, tout d’abord, lorsque, poussé par la regrettée Zeroukay, il joua des coudes pour devenir le premier Délégué Ducal digne de ce nom, et monta à partir de rien le premier championnat en Bourbonnais-Auvergne, accompagné de Piotre, Paulhaguétois, XgregX, VerdiosE… Et tant d’autres… Il avait sué sang et eau sur ce projet pharaonique, qui lui avait valu quelques nuits blanches… Mais au fil des villages du Duché, à observer souleurs et simples spectateurs prendre du plaisir, rêver un peu, il avait trouvé sa récompense. Cette page de sa vie, c’était une des plus belles, et une de celles dont il était le plus fier, pour lui comme pour les autres.

Et il y eut la politique, bien sûr : les Alter-Démocrates, tout d’abord, avec Lafouine et Ariadne, SylD, Chevalerie,… et la Fondation d’Odin, Zeroukay et Don Vasco. C’est sous la bannière de cette dernière qu’il fit l’essentiel de sa carrière. Bien longue carrière… Il pensa à Shivan, Cralex, Gweltas, Scarlette, Yselin, Verryan ; tous ceux qu’il avait côtoyés. Il songea à ce qu’ils étaient chacun devenus, aujourd’hui…Morts, pour la plupart. Lui-même se rappela avoir un trou ici, à Bourbon…

L’évocation de tous ces vieux noms lui donna soif. Il se releva pour aller récupérer une gourde dissimulée dans l’une des poches de son cher mantel. Assis sur son lit, il la dégoupilla, et prit une bonne rasade d’un liquide qui n’était pas de l’eau claire, à en juger de l’expression de son visage. Il s’allongea à nouveau, conservant la gourde à portée de main ; au cas où.

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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:55



ondine a écrit:
Toujours sur les remparts… En pleine ronde de surveillance

Où est le temps fait de joie, d'insouciance, porteur d'espoir en l'avenir. Bros et Ondine se sont mariés à l'aube d'une nouvelle année. Heureux ils l'ont été, profondément et longtemps… Un enfant est né.

Un sourire. L'émotion de ces instants touchants qui revivent, l'envahit à nouveau…


Leurs passions communes, leur complémentarité, le travail, la politique les ont souvent rapprochés, parfois éloignés l'un de l'autre ; pourtant rien n'a pu les séparer... Même cette guerre d'aujourd'hui approuvée par l'une, réprouvée par l'autre.
Leurs cœurs, leurs mains et leurs sourires sont restés les mêmes. L'Amour et la confiance scellant chaque jour malgré tout l'union de leurs deux vies.

Une rafale plus forte que les autres fait bruisser les feuilles des bosquets qui bordent le pied des murailles. La taillis frissonnent, les rares arbres gémissent. Ondine se penche au bord du mur crènelé ; les yeux plissés par le manque de lumière fouillant à la recherche d'un mouvement, d'une ombre suspecte… Cherchant à démêler le vrai de l'illusion. Ces sons fugitivement perçus ; n'était ce pas le cliquetis d'un carreau d'arbalète qu'on met en place ?! Le frottement d'une échelle sur une pierre ?!

La jeune femme hoche la tête, se disant que ce soir elle est vraiment nerveuse… nerveuse et mal à l'aise comme si un malheur imminent allait s'abattre sur elle…
Nouvelle rafale de vent, Ondine frissonne, se redresse, ramenant autour d'elle les pans de sa cape doublée de douce fourrure, cadeau de voyage d'un ami naguère... Elle reprend sa marche tous ses sens en éveil.

Son esprit se tourne brusquement vers son époux. Où se trouve-t'il à cette heure ? Sur les remparts lui aussi ? A l'auberge studieusement plongé dans ses parchemins ?

Inquiétude trouble, malaise indéfini, tristesse soudainement envahissante et pas de cause précise...

Le visage rougissant sous les morsures rudes des bourrasques soudain violentes, s'éclaire lentement. Un sourire tendre apparait…

Une petite phrase, leitmotiv repris tout au long de son existence chante, soigneusement rangée dans un coin de sa mémoire aujourd'hui encore elle revient rappelée par des réminiscences du passé


* Si tu as un doute, une inquiétude, un soucis : Écoute-ton cœur..*


"- Tu me manques, Chaton… Je ne vais pas tarder à venir te rejoindre sitôt que j'aurais prévenu les autres que je fais une pause. Joh' doit être dans les parages. Il a sans doute confié le petit Phoebus à Alianor …Je lui passe les consignes et je te retrouve…"

Un murmure pour l'époux, une pensée pour l'ami si cher à son cœur…D'autres pensées pour ceux qui sont là-bas, fières Sentinelles massées au pied d'autres remparts pour l'honneur d'un Duché et de son peuple. Des pensées qui s'envolent au gré de ses pas et des bourrasques... Le vent mandé par l'astre du soir s'est brusquement aguerri amenant avec lui quelques gouttes de pluie.

La jeune femme tend une main ouverte en coupe vers le ciel, recueillant quelques perles venues d'en haut... L'eau, son amie de toujours.


A nouveau souriante, elle songe que même leur œuvre commune à son époux et elle, est liée à l'eau : La Confrérie de la Source… Tout un espoir de renouveau, régénérer, remettre à neuf, revenir aux sources ; un but commun pour leur Duché.
Nombreux sont ceux qui les ont rejoints pour y travailler de concert. Douce musique aux oreille d'Ondine que d'entendre ses amis l'approuver, la soutenir, l'entourer. Grands moments vécus à nouveau à deux…

Soupir… Mélancolie encore et toujours…

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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:56



Bros a écrit:
Bourbon, l'auberge, la chambre, le lit

Le sommeil se refusait toujours à venir, que 'il se misse sur le dos, sur le ventre ou sur le flanc. Il se mit à trembler, de froid ; à moins que ce ne fussent les nerfs… Il se tourna sur le côté, repensant à ce qui était devenu « l’affaire de la scission »… Ses sentiments lorsqu’il pensait à cette histoire étaient toujours violemment contradictoires, à l’image de la manière dont il avait lui-même vécu ces jours funestes. Il se souvint du sentiment d’injustice, du bruit, de la fureur, des moments de relatif répit à la Fondation, aussi. Il y avait Tephe, à cette époque… Il se souvint avoir eu à mener une liste aux trois quarts marquée du sceau de l’infamie.

Il ricana, un peu malgré lui. Ils avaient fini par traverser tout cela. A la suite de l’ennemi juré, il était devenu Juge ; il en avait tant rêvé… Il mit ardeur et entrain à remplir ses nouvelles responsabilités. Il travailla beaucoup, sans rancœur ni arrière-pensée ; et pourtant… Il sentit bien vite qu’il était temps de se retirer ; pour mieux se préserver, sûrement, ou peut-être pour simplement disparaître un peu... A mi-mandat, sa décision fut prise : il réserva pour la fin de celui-ci une place dans le plus proche des monastères.

Il s’empara de la gourde, en se disant que le terme de sa première vie aurait pu être le terme de sa vie, tout court. En avalant une solide gorgée, il se rappela alors comment sa seconde vie avait commencé.

C’était un soir d’ennui, dans les derniers jours du Conseil. Il errait dans les ruelles du village, désœuvré, désemparé. Il s’était fait violence, mais avait fini par aller boire une bière à la Douce Amazone. Il salua tout le monde, offrit une tournée générale… et glissa. L’incident lui inspira un grognement animal, et le convainquit de changer de crémière. Il entra dans La Fontaine du Crest… Elle était là. Il s’installa à côté d’elle, et resta un peu. Au petit matin, il proposa de la raccompagner. Elle accepta. C’est ainsi qu’il se retrouva en Normandie. Goulot.

Ondine… Il n’en était jamais tout à fait revenu. Aussi loin qu’il s’en souvienne, il ne s’en était jamais éloigné, depuis ce jour d’octobre 1454, qu’en de très rares occasions… Jamais plus de quelques jours. Chaque fois, avec le même pincement au cœur, la même douleur sourde… Ondine, c’était… naturel. C’était l’air qu’il respirait. Goulot.

Ils fondèrent un journal. Ils fondèrent une Confrérie. Surtout, ce dont ils étaient le plus fier, ils fondèrent une famille ; Ferdinant les rejoignit. Leur bébé était un homme, aujourd’hui. Le gamin irait loin, il en était persuadé. A peine formula-t'il cette idée qu'il se sentit... très fatigué. Il ferma les yeux.

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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:57



ondine a écrit:
Sur les remparts, près de l'escalier qui mène dans la ville

Secouant le chef toute frémissante de froid, main au pommeau d'Angurva, la Baronne s'élance de son pas vif et décidé ; une allure habituelle chez elle exacerbée aujourd'hui par cette soudaine incertitude qui la titille. Elle rejoint l'escalier décidée à informer son ami berger-nourrice mais aussi, pour l'heure défenseur comme elle.


Tout va soudain très vite.
Il suffira d'une rafale de vent plus brutale que les précédentes, d'une impérieuse et indomptée impatience pour écrire et clôturer un destin.

Ondine se dirige vers un des escaliers simplement accolé aux pierres à l'intérieur des murailles, étroit et raide, sans garde-fou…
Le vent la rend soudain aveugle et désorientée : Sa cape soulevée est venue se plaquer sur son visage. Les bras, les mains tentent de dégager sa vue en même temps que, continuant sur sa lancée le pied rencontre le vide à la place d'une marche de pierre.

Déstabilisée par son aveuglement, le vent qui souffle et sa cape qui entrave ses mouvements, la Baronne tombe dans un cri surpris et rageur, une main fine se crispe un bref instant sur une pierre humide et…glisse, grande ouverte vers le ciel…


Installé au pied des remparts de Bourbon, le passant verrait une petite forme gesticulante qui semble vouloir s'envoler portée par des ailes noires et vitupérant contre l'injustice qui la frappe…

Ondine, son idée encore bloquée sur le devoir de passer les consignes à Johtaja appelle à l'aide. Elle n'a pas peur, elle ne comprend pas ce qui arrive... N'en aura d'ailleurs pas le temps...


" – Jooooh' !!!! A moooiiiiiiiiiiiii !!!"

La mince silhouette tombe tournoyante et vient lourdement s'abattre au pied des hautes murailles cassant quelques branches presque dégarnies de leur feuillage au passage. Sa cape la suit, vient se poser sur elle, ne laissant apparentes que deux émeraudes ornant un visage encore surpris.


Passant, tu n'entends plus que le silence…

* Ah… tu es là, mon Chaton… Je.. Je crois que.. je suis… tombée. Aide-moi…*

Passant, prête l'oreille : ce n'est rien qu'un gémissement, un faible râle…

Ondine elle, à l'heure du grand départ voit deux yeux bleus très tendres qui se penchent vers son visage, un sourire adorateur sur une face mûrie et marquée par le temps venant doucement baiser ses lèvres. Elle sourit simplement. Rassurée et confiante, elle laisse son âme s'échapper sans se battre...


Mais non, Passant : Ondine ne voit plus rien. Les yeux verts sont tournés vers les étoiles. Ces yeux là, sont désormais orphelins de l'étincelle de vie qui les animait. Ondine est morte. Son âme a rejoint celle de celui qui a partagé une grande partie de sa vie : Bros et Ondine, unis pour le meilleur jusqu'à la mort.




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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:57



Bros a écrit:
Loin

Dans son rêve, il volait. A deux ou trois mètres du sol, il surplombait un groupe uniquement composé de visages connus ; les bons côtoyant les méchants, les morts se mêlant aux vivants. Le cirque de sa vie… Il leur sourit, et ils lui sourirent en retour. Puis, venant d’en haut, une voix inconnue, et pourtant étrangement familière, lui souffla : « Viens… »

Il était fortement tenté par l’idée de rejoindre la voix. Après tout… il volait ! La sensation était merveilleusement agréable ; l’air frais lui fouettait délicieusement les joues. Il se sentait libre, plein d’un entrain subitement retrouvé. Ses compagnons le regardaient ; il les voyait s’amenuiser à mesure que lui-même prenait de la hauteur. Leur appréhension était flagrante. Lui ne craignait rien. Il avait confiance.

« Viens... ». L’appel de la voix était irrésistible. Alors qu’il prenait toujours plus de hauteur, il se demanda furtivement s’il saurait atterrir. Il supposa que oui. Il jeta un œil en bas, pour constater qu’il s’était bien éloigné de la terre ferme. Il ne distinguait même plus le groupe des compagnons. Ondine lui manqua un peu. Il ferma les yeux. Une larme coula sur sa joue ; pourtant, il n’était pas triste. Il suivit la voix, à l’oreille : « Viens… »
« J’arrive », répondit-il. Il était l’homme mûr qui allait retrouver sa bien-aimée. Il était le petit garçon de dix ans qui allait retrouver sa mère. Il savait que là où il allait, il n’aurait plus jamais peur.

La gourde rebondit sur le sol. Dans son sommeil, Bros riait lorsque son cœur le prit en traître. Une grimace vint troubler le rire, et celui-ci devint un simple sourire, figé. Il l’arborait toujours lorsqu’on retrouva son corps sans vie, le lendemain matin.



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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 14:58



ondine a écrit:
Et voila…


Le ciel se dénude soudain de tous ses nuages : le vent du Nord les a chassés d'un ultime souffle rageur. Sans doute est-il pris de remord en comprenant son forfait, il répare sa faute en ouvrant la route vers le ciel maintenant constellé d'étoiles.


Écoute bien passant, ne sois pas triste : Entends-tu cet éclat de rire clair et frais bientôt rejoint par un autre chaud et profond ? Ils seront désormais heureux à jamais. Écoute encore : cette voix douce mais remplie de conviction qui susurre tendrement dans un dernier souffle du vent…

" -A deux, nous sommes les plus forts mon Chaton !"

Ils sont partis ensemble vers une autre vie…Et c'est à eux qu'elle appartient désormais.

Va, tu peux rentrer chez toi, Passant, rien ne sert de rester là. L'histoire est dite, terminée. Va écrire la tienne, suis ton chemin comme tu l'entends. Bon vent !

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MessageSujet: Re: La fin de deux amis...   Lun 1 Oct - 15:03

[Entre Polignac et Montbrisson]

Il marchait à côté de son cheval. La nuit avait été éprouvante et il faillit être renversé par un cavalier venant de Montbrisson.


Holaa!!! Faites attention que diable!! Et ou vous rendez vous si vite? Vous voulez tuer quelqu'un?

Il avait interpelé l'homme qui c'était arrêté.


'scusez, messire.... j'porte des faire part du décès de la Baronne et du Baron de Villemontée. c'est leur petiot qui m'a grassement payé pour que je fasse diligence... J'vous avais point vu avec cette brume sortie d'nulle part...


A ces mots, Tang s'approcha encore plus de lui.

Montre moi ça, veux tu?

le cavalier lui tendit le parchemine t il lui arracha presque des mains n'en croyant point ses oreilles ni ses yeux.

Alors, la rumeur disait vrai pour une fois... dit il tout bas. Son cœur venant de rater une pulsation et il blanchit en redonnant le papier au cavalier.

Va!!! Et ne t'arrêtes plus, il faut que tout le monde soit au courant...

L'homme ne se le fit pas répété deux fois et disparut au triple galop. tang resté seul reprit les rênes d'Aristote, lui caressa l'encolure et reprit sa marche, le regard perdu dans le vide.


Bros... Ondine...

Il leva les yeux et observa tout ce qu'il pouvait voir aussi loin qu'il le pouvait. il contempla cette terre qu'il haïssait autant qu'il aimait. Jamais il ne pourrait honorer sa promesse et c'est bien ce qui lui faisait le plus de mal. Ses pensées allèrent à leur fils qu'il côtoyait de temps à autre à la Confrèrie. Il lui dirait en face ce qu'il pensait de ses parents. Il n'aimait pas les pigeons de toute façon pour ce genre de discours. Un regard, des mains qui se serrent, une bière que l'on boit ensemble sans rien dire ou juste en pensant aux défunts. c'est ce qu'il préférait, lui. Il s'arrêta. Soupira un grand coup et enfourcha son cheval. Il ne voulait point rester seul trop longtemps. Il voulait rallier Montbrisson au plus vite.

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