la roulotte

Lieu de vie d'un vagabond
 
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 la boulangerie

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Tang
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MessageSujet: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:50


lyselle a écrit:
[Habitation]

Lyselle se réveilla doucement... Elle avait froid... Elle se tourna sur le côté, étendit le bras, ouvrit un oeil... Aga n'était pas là... Sa place était à peine tiède. Déjà levé? Un autre oeil apparut bientôt de dessous la paupière encore lourde de sommeil. Oups... C'est qu'il n'est pas tôt... Constata-t-elle en avisant les taches lumineuses de formes étranges que les pâles rayons de soleil pénétrant par les insterstices des volets projetaient sur les murs... Il l'avait laissée dormir... Filant sans la réveiller, vers le verger sans doute... dommage que ce n'était pas la saison des fraises...

Elle s'étira, bailla et se leva, prenant son temps pour ne pas brusquer ce ventre déjà arrondi qui la tiraillait doucement. Aucun bruit dans la maison... Procyon devait l'accompagner... ou fureter dans les ruelles. A moins que ce gros paresseux ne dorme devant la cheminée... En tout cas, Bloubeurd, lui, n'était pas là... l'était parti en mission le zoziau... Elle aurait donc un peu de tranquilité. Quant à célery, s'il ne s'était pas noyé dans le tonnelet de bière... il devait être en train de cuver dans un coin.

Un brin de toilette... Elle déjeunerait plus tard. Pas mal de choses à faire ce matin... Enfin... dans ce qui restait de la matinée... quelques petites choses à ranger, le vieux four à pain de la remise à nettoyer en attendant d'en faire construire un autre, puisqu'elle avait décidé de rouvrir une boulangerie... Elle sourit... Une boulangerie, à nouveau...

Initialement, ce n'était pas prévu.... Quand ils étaient parti en quête d'une maison, pour s'y installer, c'était ... un atelier de charpentier qu'elle envisageait...
D'ailleurs, ils avaient trouvé cette bâtisse, qui était idéale pour ça...
Située non loin d'une charmante fontaine qui chantait à longueur de journée... Le coup de coeur... Spacieuse... Pièces suffisamment claires... Grande remise avec assez d'ouvertures pour la rendre lumineuse, durant la journée et qui était accolée à la zone d' habitation... de quoi installer le matériel pour travailler le bois et plus encore...
Une autre pièce, sur le côté, était accessible par une petite porte en partie cachée par la cheminée, pièce qui s'ouvrait sur la ruelle qui menait à la petite place, une double pièce même, plutôt... on accédait d'abord à une sorte de réduit, un ancien débarras peut-être... quoique c'était un peu grand pour un débarras... réduit qui menait ensuite sur une pièce plus vaste par une ouverture dans le mur de pierres en guise de séparation... facilement transformable en échoppe, plus tard...
Et surtout... cette vue imprenable que l'ont avait de cette petite pièce à l'étage... leur future chambre... vue sur... les murailles des remparts... où on pouvait apercevoir ça et là, parsemant les vieilles pierres, d'étroites tâches vertes, à peine agrémentées de bleu tendre, de forme rectangulaire... des petits bouts de champs de lavande, au loin, derrière les meurtrières... qui exhalaient dans le vent léger de douces effluves parfumées qui, sans aucun doute, s'inviteraient bientôt par les fenêtres grandes ouvertes, quand le temps sera meilleur...
Quelques travaux seraient nécessaires, mais ils n'avaient pas hésité longtemps. Cet endroit était parfait.

Ils y avaient emménagé quelques jours plus tard, le temps que la vente soit enfin conclue. Aga avait passé ensuite la journée, avec une infinie patience, à transporter les meubles de la charrette à la maison d'abord, de pièces en pièces ensuite, puis... de mur en mur... certains meuble ayant même fait plusieurs fois le tour de la demeure... jusqu'à ce qu'elle ait enfin trouvé la disposition idéale.
Fallait pas la contrarier la Demoiselle... On ne contrarie jamais les femmes enceintes... même quand elles poussent le bouchon un peu loin... Et puis, la récompense pour ce travail éreintant avait été à la hauteur... quoique tout aussi éreintante...
Il avait bien fallut vérifier si le lit était placé à l'endroit idéal et que le matelas n'avait pas trop souffert du voyage...
Ah! Il lui en avait fallu des tonnelets de bière par la suite pour se réhydrater.

Que de souvenirs... images et sensations dansaient encore dans son esprit.
Elle sourit. Et se remit au travail, terminant de ranger les divers ustensiles et objets de bois qu'elle avait confectionnés dans son atelier entre deux commandes afin de remplacer tout ce qu'ils n'avaient pu emporter avec eux.
Ce faisant, elle réfléchissait... Il allait falloir revendre certains outils, désormais inutiles... quoique, pas tout de suite... elle avait quelque chose à finir avant... Plusieurs même... En tout cas, cela allait libérer de l'espace dans la remise... C'est Aga qui serait content... il allait pouvoir récupérer plus d'espace pour ses petites expériences de bricolage... et enfin pouvoir donner libre cours à son imagination... Quant à elle, elle ne travaillerait plus le bois qu'occasionnellement, pour se détendre, comme elle l'avait toujours fait... De toute façon, les seaux non cerclés... Ce n'était pas très passionnant non plus...
Elle essuya et rangea, un large sourire éclairant son visage, le dernier bol de bois, celui qui était orné d'une tête de loup hurlant son amour à la lune pleine, sculptée en relief.

Voilà... la cuisine était en ordre... il allait falloir s'attaquer à cette petite pièce maintenant... Celle qui ferait office de boulangerie... Bien qu'elle passerait sans doute plusieurs heures au marché pour écouler son pain... Il était cependant préférable d'aménager une petite échoppe... dans quelques temps, lorsque le bébé prendrait plus de place, elle serait heureuse de rester à la maison pour vendre son pain.


édité par ~*Oeil de Lynx, rectification de balise, le 14/03/07 à 10h33
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lyselle a écrit:
[b][Boulangerie]

La voilà à l'intérieur du réduit qui menait à la pièce qu'elle comptait transformer en boulangerie.
Ce ne serait pas pour tout de suite... Pas le temps de s'attaquer à tout ce nettoyage pour le moment... Le réduit d'abord... cela lui permettrait de pouvoir ranger les livres de compte, entreposer un peu de farine... Il lui fallait commencer à cuire son pain. Aga avait nettoyé le vieux four à pain de la cuisine... Il était prêt à recevoir les premières miches. Elle le vendrait au marché dans un premier temps... Ou plus vraissemblablement... Aga s'en chargerait... Tant pis si la boulangerie n'était pas encore prête à ouvrir ses portes.
En attendant, elle devait impérativement rendre ce réduit présentable afin de pouvoir y travailler. Elle y passerait donc le reste de la matinée.
Si elle finissait assez tôt, elle écrirait ces couriers qu'elle devait envoyer à tous ses confrères boulangers... C'était le plus urgent, il fallait organiser cette opération "pain du coeur". Mais pour cela elle avait besoin de place pour travailler...

Elle soupira, retourna à la cuisine chercher un récipient d'eau, chiffons et balai et se mit à l'ouvrage.
Tout en travaillant elle réfléchissait encore et encore à ce projet de proposer des miches de pain à prix réduit aux vagabonds, tout cela allait devoir être surveillé de près, cela allait en demander du travail ne serait-ce que pour l'organisation. Oh, mais.. On verra.. pas la peine de se décourager d'avance... Elle fronça les sourcils. Et puis, de toute façon, hors de question de participer à l'effort des meuniers en mettant du pain très peu cher accessible à tous... La plupart des villageois avaient largement de quoi payer 6,55 écus pour une miche de pain. Donc, pas de regrets à avoir. Il fallait se lancer.

Nettoyage presque terminé, la pièce retrouvait une relative clarté... Bien sûr, pas d'ouverture vers l'extérieur... mais quelques rayons de soleil parvenait des vitres sâles de la boulangerie, et quelques reflets dansants provenant du feu dans la cheminée passaient par la porte laissée ouverte.

Une petite table, une chaise... un bougeoir... Cela suffirait pour l'instant.

Elle s'assit, passa sa main sur son ventre durci par l'effort puis ouvrit le livre de comptes afin d'y reporter avant qu'elle n'oublie, le montant des achats de farine effectués au marché la veille. Cet après midi, elle commencerait à cuire le pain, il faudrait plusieurs fournées, le four n'était pas bien grand...
En attendant, elle prit quelques parchemins, une plume... et... commença à rédiger quelques couriers qu'elle devrait faire envoyer... Elle aurait bien le temps d'en écrire quelques uns avant le repas...



lyselle a écrit:
[Le lendemain à la boulangerie]

Elle avait passé l'après midi de la veille à mélanger, pétrir, enfourner... la bonne odeur du pain chaud et croustillant envahissait encore le réduit où elle venait de s'attabler.
Les miches étaient prêtes, Aga en emporterait une partie, à livrer, le reste serait comme prévu mis à disposition pour les vagabonds au marché... Quelques rapides calculs pour fixer les prix... Evidemment, deux prix différents, ça compliquait les choses. Mais au moins, l'opération "pain du coeur" pourrait débuter...

Il lui fallait maintenant envoyer les couriers, elle n'avait que trop tardé déjà. Elle soupira. Ces couriers auraient dû être envoyés la veille, mais le temps lui avait manqué. Tant pis... ils devraient faire avec.
La mission serait confiée au zoziau bleu.... au moins ça irait vite... s'il daignait se montrer... mais... comme elle avait bien caché les graines, de toute façon, il ne tarderait pas à se montrer.
Il lui fallait prévenir tout le monde, expliquer, reprendre les discussions au sujet des différences de salaires constatées entre les métiers de la filière pain, puis amener les miches au marché... Pfff l'aurait pas le temps de faire la sieste aujourd'hui encore...

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Dernière édition par le Mar 31 Juil - 17:35, édité 2 fois
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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:50


lyselle

[Habitation]
Nuit agitée, il fallait s'y attendre. Elle n'aimait pas dormir seule. Oh, il y avait bien Procyon, qui, profitant qu'Aga n'était pas là, s'était discrètement vautré à ses côtés sur le lit, posant sa tête toute poilue sur son bras, mais ... son Aga lui manquait déjà... En voyage, seul sur les routes... Elle essaya de ne plus y penser. Il avait l'habitude de voyager après tout...
Elle se leva tôt, de toute façon, elle n'arrivait pas à dormir. Elle devrait pourtant, elle était si fatiguée, ces derniers jours avaient été bien remplis, la boulangerie, le marché, les couriers qu'elle avaient envoyés, les vaches...

Mais puisqu'il n'y avait pas moyen de fermer l'oeil, autant se lever. Et puis, elle n'avait pas fini de les lire, tous ces couriers qu'elle avait reçus la veille.

Pffff tous ces pigeons qui avaient chacun déposé un joli petit souvenir, qui sur un volet, qui sur le chassis... et j'en passe... c'est pour ça que Procyon était si fatigué lui aussi... l'avait eu beau leur foncer dessus, il n'avait pas réussi à en choper un seul... et les piafs n'avaient pas cessé de le narguer, riant dans leur plumes.

Elle soupira en s'installant à la table de la cuisine, une tisane à la main. Elle but doucement, savourant la chaleur du liquide qui lui coulait dans la gorge, puis tendit une main vers le tas de couriers qui restait. Au cas où il y aurait quelque chose d'urgent.

Elle dépouilla le premier, commença à lire, un sourire vint flotter sur son visage... passa à une autre, puis un autre encore... en attrapa encore un machinalement, en reprenant une gorgée de tisane... Puis fronça les sourcils... Tiens... Il vient de loin celui là... le Saint-Empire... mais...
Elle le retourna... il lui était bien adressé, oui... à elle seule d'ailleurs... C'est étrange, il ne lui semblait pourtant... Qui cela pouvait-il bien être? Bien sûr, quelques uns de leurs amis avaient pris la route pour cette contrée... Mais... nulle mention du nom d'Aga...
Elle hocha la tête, puis après l'avoir retournée encore une fois, et encore observé l'enveloppe extérieure, entreprit de l'ouvrir.

Ses yeux suivirent l'écriture fine et élégante un moment avant de se perdre dans un océan de larmes. Sa main tremblante lacha la missive, qui retomba sur la table. Elle resta assise là encore un moment, sans bouger, le regard perdu, la tête emplie d'images, de souvenirs qui refaisaient surface, les lèvres ouvertes pour un cri muet. Non... Ce n'est pas possible.. Pas lui... pas lui...
Elle qui croyait qu'elle en avait fini avec les larmes... Que plus jamais il ne pourrait faire jaillir de torrents glacés et tumultueux de ses yeux délavés... Et pourtant...

Orodril... Orodril qu'elle avait aimé il y a si longtemps déjà... avait trouvé la mort... à défaut de trouver autre chose, dans cette mystérieuse quête de je-ne-sais-quoi qui l'avait éloigné d'elle.
Le Saint-Empire... mais qu'est-ce qu'il était parti faire là bas? Elle ferma les yeux, se laissant submerger par ses souvenirs, par son visage souriant, celui d'avant... d'avant la ressurgissance de son passé de ses "démons". Cest ainsi qu'il les appelait. Démons du passé qui, après l'avoir incité à vivre en reclus dans son moulin, délaissant celle qu'il avait chérie et qui pleurait son absence, avaient été jusqu'à le pousser à prendre la route.
Cela faisait si longtemps déjà... et pourtant... Aujourd'hui, cela faisait si mal. Il était si jeune, si plein de vie. Quel gachis... Partir à la poursuite de chimères...

Elle n'avait jamais vraiment espéré le revoir et, de toute façon, l'amour qu'elle avait eu pour lui ne brûlait plus depuis longtemps, avant même son grand départ d'ailleurs... un autre Amour avait pris sa place, sans qu'elle ne s'en rende compte, un Amour infiniment plus fort, plus profond, qui avait d'un battement de cils roux, balayé sa détresse, la ramenant à la vie.

L'amour n'était plus, mais les sentiments persistaient tout de même... et la nouvelle de cette disparition la laissait abattue, comme vidée, vidée de toute une partie de sa vie qui, malgré tout ce qui s'était passé par la suite, avait été si heureuse. C'est étrange à quel point des souvenirs qui étaient restés enfouis si longtemps pouvaient ressortir avec tant de netteté. L'histoire d'un morceau de vie...

Elle laissa couler les larmes silencieuses, qu' absorbait le papier porteur de si affreuse nouvelle. Elle aurait aimé qu'Aga fut là en cet instant pour la réconforter... Aga qui n'aimait pas la voir pleurer... Aga qu'elle avait finalement réussi à persuader de ne pas le découper en rondelles, ce fiancé indigne qui avait été la cause de tant de larmes... Aga qui, par sa seule présence, lui ferait à nouveau tout oublier.

Elle posa la main sur son ventre pour le caresser doucement... le bébé n'aimait apparemment pas la sentir ainsi, il protestait avec véhémence, la ruant de coups intérieurement... Chuuuuuuuuuuut... tout va bien... Et puis... ton papa sera bientôt de retour... dans quelques jours... J'espère.
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Lyselle, alias le Petit Machin Bleu, 1m60 de pureté et d'innocence sauvagement concentrées




Diligence le Messager

Reperage, piqué, il connait son metier.
La distance exacte au volet pret...
Chargé d'un sachet fin, anti prise nuages.
Impermeable.

Vol direct Paris/ Alais. Enfin presque!!Deux trois etapes, histoire de taquiner l'hirondelle de Mars. Hum...Souvenir de parades, roucoulements...Ouah quel plumage!! Hum, se racle un peu la glotte.Euh j'en etais où??? Ah oui!!

Plan materiel, ration de survie et pourboires...
Edition de facture à la graine prete.
Quoique...
Il s 'embrouille un peu, ça fait une longue course et une sacrée bouffe!!
Va pour une poignée et une goutte.

VROUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUMMMMMMMMMMMMM!!!!

Gracieux, blanc, ailles deployées, bec pointé, fonce droit devant.
Enfin en bas devant. Vertige de la descente, euphorie.
Il fonce, adorant menager ses effets, petit derapage con...trolé à l'arrivee.
Vitesse, aerodynamisme...
Atterissage imminent...Trop vite vite meme!!

Arf non!!! Les freins vite!!
MAIDE MAIDE MAiiiiiIDE!!!!

Ennemi identifié en vue!!!
Repli!!!
Non l'option est coincée, bah...Chargez alors....En avant Simone et fais gaffe à tes plumes, arf etre coursier messager c 'est pas toujours le septieme ciel!!!

L'obstacle se rapproche à devenir bien distinct, en bois Mouarf!!....bien epais...
Une priere d 'oiseau qui recommande son ame au Grand Ailé des Cieux.

RRROUUUUUU RRRRRRRROUUUUUUUU...........!!!!

Et voilà le choc, BANG!!!!scratch!!!!!!

Belle empreinte sur mesure decoupée dans le panneau, fracas, fanfare pas besoin de sonnette, de cloches, arrivée tournoyante, rebonds divers sous l'oeil de l'occupante qui gonflée vraiment semble mecontente en plus!! GRRRRR

Vague salut d'une aile faiblarde, essai avorté de panache, fracassé, forfait par KO cosmique, la table est sa civiere, douleur, oubli, dodo................En croix.
A son cou le colis.
Deux jeux de cordes de Luth, attention pas anodines hein ????
Venu des confins de l'Egypte, une rareté!!
Cadeau princier, bref, de bon coeur de toute façon.
Et un mot... Enfin deux.

numero un
Citation :
Chere Lyselle comme convenu voici j espere sans trop de retard un jeu de cordes pour qui vous savez. Passez lui le bonjour de ma part, en y mettant la pointe desagreable de rigueur surtout. Becot douillet pour vous et au gazou gazou à venir. A vous revoir bientot j espere.

Amicalement Wiatt Diane d 'Azayes

PS: Pourriez vous porter le second jeu et son message au Cratere, à remettre au Sieur Alvin en personne ou à sa douce Floei ?Merci d avance!!!


Numero deux :
Citation :
Cher filleul, voici un petit present qui j espere vous fera plaisir.
Un jeu de cordes egyptiennes, tout neuf pour votre Luth et pour Floei, cette esquisse du Phare de St Brieuc il me semble, chiné sur le Pont Neuf, à un artiste comme on en voit beaucoup ici. Voilà, juste une bise à chacun de vous, votre marraine. Au hazard des jours en esperant qu'ils me verront bientot arriver en Alais, saluez Namarié de ma part.

Wiatt Diane d 'Azayés.

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Passe Frontieres.Vol express.Une graine/dix lieues, PCV exclusif, Eco, deteste les volets!




lyselle

[habitation]
Bruits de battements, rapides, précipités... roucoulements stridents et soudain... un grand Blang dans le volet de bois qui rebondit sous le choc, battant contre le mur à grand fracas. Un sursaut... Son coeur se mit à battre la chamade... mais qu'est-ce que?... Elle posa sa main crispée sur son ventre rebondi, le bébé se rebellait contre cette brutale marée d'adrénaline... Regard courroucé vers le responsable... mais où était-il? Ah.. ça y est le... voila... sur la table... la mine déconfite... un colis soigneusement enveloppé au cou... L' a pas l'air en forme le zoziau...

Elle eut juste le temps de retenir Procyon qui, attiré par le bruit, venait d'arriver et se précipitait déjà... l'aimait bien les pigeons faut dire... mais... surtout coincés entre ses crocs...

Procyon! Non!

L'animal s'assit sur son séant, levant la tête vers elle, les oreilles dressées, allant même jusqu'à laisser entendre sa voix plaintive... Mais... pas question qu'il profite lâchement du Ko du petit animal.

Elle pointa vers lui un index vindicativement dressé, lui défendant un seul geste vers la table de son regard bleu nuit. Puis s'approcha du zoziau...

Elle approcha doucement sa petie main menue, il ne bougeait plus mais on pouvait voir son poitrail se soulever au rythme de sa respiration rapide.
Elle lui caressa le cou doucement, repoussa délicatement son aile droite encore ouverte sur son petit corps gris-bleu, espérant qu'il ne se l'était pas froissée. Et détacha le colis qu'il transportait autour du cou avant de le poser à ses côtés sur la table.

Elle ouvrit le petit sac, en sortit deux morceaux de papier... deux petits mots.. l'un était pour elle. Elle le déplia et le parcourut des yeux rapidement, un sourire aux lèvres.

Wiatt...

Elle sortit un jeu de cordes avant de remettre l'autre petit mot dans le sac qu'elle referma. Elle irait l'apporter à son destinataire plus tard, quand elle sortirait pour aller au marché. ça lui ferait une petite promenade supplémentaire... apparemment, le bébé aimait bien être bercé par sa marche lente... et lui laissait en ces moments un peu de répit... alors autant en profiter.

Les cordes... Elle sourit.... cela tombait bien... Aga n'étant pas là, elle pourrait en profiter pour travailler tranquillement... entre deux fournées... Dès cet après midi, elle se remettrait à l'ouvrage... ce serait bien si elle pouvait le terminer avant son retour... Au moins, elle n'aurait pas besoin de le faire en cachette... Seul point positif qu'elle voyait à cette absence qui commençait à lui peser... Elle soupira alors que le visage d'Aga, au sourire charmeur, venait danser dans son regard perdu dans le lointain. Ce qu'il pouvait lui manquer ce sourire, et ce regard rieur, ces innombrables bras dans lesquels elle aimait venir se blottir, ses mains tendrement baladeuses, ses lèvres douces et chaudes... et le reste aussi...

Elle jeta un coup d'oeil au zoziau qui faisait la sieste... Quand il se réveillerait, elle verrait s'il était capable de voler ou si il faudrait le ramener à sa propriétaire à dos de Bloubeurd...

En attendant... un courrier à écrire elle aussi... Pour Aga...

Elle s'assit à table et prit sa plume.

Citation :
Mon bel amour,

Tu me manques terriblement.

J'essaie bien de m'occuper pour ne pas trop penser que tu es seul sur les routes, et loin de moi, si loin de moi... mais sans grande conviction. Pourtant, j'en ai du travail... Avec cette opération "pain du coeur"... Tous ces couriers à envoyer aux resquilleurs, quoiqu'il y en a de moins en moins... mais des nouveaux chaque jour... La plupart d'entre eux s'excusent et me rendent la ou les miches mal acquises, mais si chacun pouvait y mettre du sien et lire les informations envoyées par la mairie... je n'en serai pas là... à devoir les rappeler à l'ordre sans cesse...

Mais au moins, même si ça me prend du temps, ce n'est pas très fatigant physiquement... Pas autant que le reste du moins... Cela me permet de me reposer, c'est qu'il commence à prendre de la place ce bébé... et quand je m'active trop... il prend bien soin de me le faire comprendre, le bougre...
D'ailleurs, à l'intensité des coups que je reçois, je suis sûre qu'il ou elle fera un bon souleur...
Je m'arrange donc pour rester au calme autant que possible et pour écrire ces couriers pendant que le pain cuit...


Elle s'interrompit un instant... Pas la peine de lui faire la liste de toutes ses occupations... certaines devaient rester secrètes... Elle reprit la rédaction de son courier...

Citation :

Et j'en profite pour apporter mon aide à Dame Clkikoz aussi, pour informer les boulangers des décisions prises.
Ça me fait plaisir, elle a tant de travail à la mairie. Et je crois bien que certains lui mènent la vie dure... Alors que c'est une personne si gentille et totalement désinteresée... c'est peut-être ça qui leur déplaît, dans le fond. Il semble y avoir dans la profession un certain nombre de râleurs, comme dans d'autres métiers sûrement...

Il y a peu, ils ont obtenu un prix minimum pour le pain... Ce qui peut se comprendre, je dois dire, lorsque la farine est à minimum 15,30 écus sur le marché.
Mais quand on en trouve à 14,40...
J'ai cru un moment que les meuniers s'étaient réveillés, puisque pendant quelques jours, on n'en trouvait pas à moins de 15,30... mais aparemment, non... hier, près de 50 sacs étaient disponibles à moins de 14,60 écus, mis en vente par des meuniers bléiculteurs... la plupart à 14,40...
Autant dire que si ces sacs sont achetés par des boulangers qui vendent leur pain à 6,60 minimum... ceux-ci continuent à s'en mettre plein les poches...
Ceci dit je les laisse avec leur mauvaise conscience, quoique réflexion faite, je me demande s'ils en ont une... Et je continue à mettre en vente des miches à 6,15 pour nos vagabonds, quoi que certains en pensent, que cela leur plaise ou non.
Mais rassure-toi: tous les boulangers ne pensent pas qu'à leurs petits profits, heureusement. Quelques confrères actifs se sont joints volontiers à cette action, tandis que d'autres, mènent d'autres types d'actions tout aussi utiles.

Mais je crois qu'il est temps pour moi d'aller vérifier la cuisson... cela embaume dans toute la cuisine... Je vais donc te laisser mon amour. Je t'enverrai d'autres nouvelles bientôt.

Fais attention à toi.

Je t'aime.

Ta Lyselle

PS : N'oublie pas de joindre messire Pouypouy40 si cela t'interesse d'établir un contrat pour l'achat de blé, ou alors si tu veux que je le fasse pour toi, préviens- moi.


Elle posa sa plume, plia la lettre et se leva... Bloubeurd irait la lui porter tantôt...

Puis elle se dirigea vers le four à pain.
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:52


lyselle a écrit:
[la remise]

Elle pénétra dans la grande remise, accolée à la maison, laissant la porte grande ouverte derrière elle et le vent s'engouffrer. Besoin de farine... Il n'y en avait plus à la cuisine. Si elle voulait faire une nouvelle fournée de miches toutes croustillantes, il fallait bien en ramener.

Quelques sacs avaient entreposés là. Elle fronça les sourcils et se dit soudain, qu'ils auraient mieux fait de les laisser à la boulangerie... De toute façon, elle n'avait pas encore eu le temps de procéder au grand nettoyage avant l'aménagement de l'échoppe... et... Cela aurait été plus facile pour elle... C'est que c'était lourd un sac de farine.

Elle attrapa le sac par le haut, entortillant un coin tissu autour de sa main et se tourna vers l'ouverture. Elle allait devoir trainer le sac jusqu'au dehors, passer devant la fontaine afin d'entrer par la porte de la maison.
Elle se courba vers l'avant, banda ses muscles et commença à tirer... sans grand succès... le tissu s'enfonça dans la chair, et les articulations de ses doigts blanchirent sous l'effort. Cela allait être encore plus dur qu'elle ne le pensait... Elle posa sa main libre sur son ventre un instant et le caressa doucement afin de calmer l'agitation du bébé, qui ne semblait pas content d'avoir été dérangé dans sa sieste... Elle soupira... Elle aurait bien aimé qu'il lui laisse un peu plus de répit... Mais le p'tiot excité était réveillé à nouveau... et s'entrainait déjà à la soule avec sa vessie... L'était pas mauvais en plus... Les coups de pieds atteignaient régulièrement leur cible... Heureusement que la baudruche improvisée n'était pas pleine...
Un sourire parfois grimaçant s'épanouissait sur son visage... Allez, petit bouchon.. laisse moi travailler...

Elle se pencha à nouveau sur le sac et attrapa l'autre coin de tissu avec sa deuxième main. Puis se remit à tirer, de toutes ses forces.

Le sac avançait cette fois, se laissant mollement trainer sur le sol inégal et poussiéreux... avant de s'arrêter brusquement, imprimant une secousse dans ses avants bras, qui remonta jusqu'aux épaules.
Qu'est-ce qui se passe encore? Elle baissa les yeux.. Une bosse... sur le sol... passée inaperçue jusque là mais que le trajet du sac permettait de réveler enfin... Pfffffff... Elle tira d'un coup sec afin de la passer... Un sinistre bruit de tissu déchiré, une fine poudre blanche projetée dans les airs, vieillissant soudain l'auguste damoiselle, une quinte de toux soudaine tandis qu' une marée mouvante commençait à s'écouler en un filet régulier... Elle rejeta vivement les coins de tissu vers l'arrière afin de laisser retomber le sac au sol du bon côté... celui où le tissu était, elle l'espérait, encore intact.


#¤*$@ ! Fallait que ça arrive...

Une belle entaille, un beau clou forgé encore prisonnier des fibres écrues... Elle tendit la main et le délivra... Tssssssssss... Qu'est-ce qu'il faisait là? Elle avait dû le perdre en travaillant dans l'ancien atelier de charpentier... Heureusement que ce n'était pas l'une de ses chausses qui s'était empalée dessus...

Elle observa le sac éventré un moment et secoua la tête... Elle ne pourrait plus le transporter en l'état... Elle ferma les yeux, tentant de retenir cette vague qui montait en elle et menaçait de la submerger... Des éclairs crépitaient dans le ciel orageux de ses yeux. C'en était trop...
Elle ne faisait rien de bon depuis ce matin! Elle fronça les sourcils, des larmes de lassitude mêlée de colère commencèrent à perler doucement... Et Aga qui n'était pas là... Aga... Ce qu'elle aurait aimé qu'il soit là en cet instant. Trop longtemps qu'il était parti déjà, son Aga... Elle s'assit sur le sac éventré, la tête baissée, s'appuyant sur sa main gauche, posée à plat sur le sac dont l'hémorragie venait de s'arrêter. Elle repoussa une mèche blanchâtre et rebelle qui venait lui taquiner les yeux d'où s'échappaient doucement de minces filets tièdes et salés. Trop d'émotions contradictoires, de fatigue... laisser couler... ça irait mieux après.

Les yeux dans le vague... à observer les raies de lumière qui dansaient devant la porte de la remise... Petit bouchon qui s'en donnait à coeur joie à nouveau dans son écrin douillet... vider son esprit de ces émotions néfastes... pour reprendre le dessus... Il allait bientôt renter... sûrement... dans quelques jours... Et le soleil à nouveau brillerait .

Dans quelques jours... Elle fronça les sourcils et essuya ses larmes dans sa manche. Et dire qu'elle n'avait pas encore eu le temps de... et si... elle commençait maintenant... De toute façon, pour la fournée, c'était raté... Alors... pourquoi pas? Ce serait plus difficile quand il serait rentré...
Oui... Elle allait prendre le temps de commencer aujourd'hui... Le pain attendrait pour une fois... et les nouveaux couriers à écrire aussi... On verrait ça plus tard... elle n'avait que trop tardé. La lumière se remit à briller au fond ses prunelles.

Elle se releva, tant bien que mal... épousseta ses vêtements puis se dirigea, le clou toujours serré dans son poing fermé, vers l'endroit où avaient été rangés tous ses outils et, après l'avoir posé délicatement sur le côté, tria ce dont elle aurait besoin pour commencer.

Du bois maintenant... du bois d'érable... du début d'hiver... brun-rouge... un autre, plus clair... deviendront de fins fuseaux bientôt... quand Patience et Minutie auront fait leur oeuvre.

Le moule maintenant... en bois plein... façonné de mémoire tel la poire... reproduction assez fidèle de celui qu'elle avait eu entre les mains il y a quelques temps déjà. Le vieil homme qui le gardait jalousement tel un trésor n'avait su résister à son regard bleu tendre...

Sur ce corps dur et divinement bombé viendront se lover les tendres fuseaux qui en épouseront bientôt la forme... un badigeon de colle bien chaude sur des lambeaux de parchemin et la caisse prendra forme doucement... démoulage et séchage... mais là il faudra de nouveau être patient... tel le fromage... il lui faudra un bon affinage.

Elle plissa les yeux... difficile de distinguer les détails soudain... elle tourna la tête vers la porte, toujours ouverte... Le soir venait déjà, sans qu'elle n'eut remarqué son approche... Elle n'avait vu le temps passer, absorbée qu'elle était par sa noble tâche.

Il était temps de s'arrêter... Pour aujourd'hui en tout cas. P'tit bouchon s'était rendormi, bercé sans doute par ses mouvements lents et répétifs, à moins que cela ne soit par le son de sa voix discordante quand elle avait poussé par moment la chansonnette, aborbée par sa tâche.

Elle rangea les outils, laissa son oeuvre inachevée en plan et sortit de la remise, se dirigeant vers la fontaine qui brillait sous les derniers rayons de soleil, afin de laver ses mains et son visage de cette poudre de blé et de bois mêlés.



Agagamemnon a écrit:
Agagamemnon arriva sur ces entrefaits. La journée était bien avancée mais pas encore tout à fait mourante et c'était tant mieux. Rien de plus casse-pieds que d'avoir à vider une charrette pleine de bric à brac quand on ne voir pas où on met les pieds. C'est donc un homme plein d'entrain, quoique fatigué du voyage, qui poussa l'attelage récalcitrant sur la petite place qui s'ouvrait au pied de la maison. Un bruit curieux attira presque aussitôt son attention. La fontaine, qui d'ordinaire gazouillait, s'était mise soudain à gargouiller avec ardeur. Intrigué, Agagamemon observa le bassin avec plus d'attention. Et là, horreur !! Son coeur ne fit qu'un bond. Un petit machin bleu tout trempé, sa Lyselle ! menaçait (certainement) de se noyer dans les flots impétueux de cette véritable mer intérieure dont les élans féroces venaient battre le parapet avec la furie des tempêtes. N'écoutant que son courage, le jeune homme bondit hors de la charrette et se précipita aussitôt à la rescousse de la naufragée.

Non ma Lyselle, ne mets pas fin à tes jours, je suis revenu !!

s'écria-t-il en la soulevant pour l'embrasser vigoureusement. Hé oui, lecteur, les filles c'est comme ça, sentimental et tout, faut les garder à l'oeil sinon elles font vite rien que des bêtises. Mais non ! Soulagement... la naufragée n'avait pas l'air si abattue que ça, en fin de compte. On aurait juste dit qu'une demi-tonne de platras s'était effondrée sur elle en poussière et copeaux. Agagamemnon la reposa en riant.

Et qu'est-ce que c'est que tout ce fard ? Tu as déjà détruit la maison ?

Tu vois lecteur, je te l'avais bien dit. Faut pas les laisser seules ! Rolling Eyes



lyselle a écrit:
Elle s'aspergeait encore le visage de l'eau froide et claire de la fontaine, qui éclaboussait ses vêtements, sans prêter attention outre mesure au claquement régulier sur les pavés.

Elle essayait, sans trop les mouiller de débarasser ses longs cheveux de la poussière accumulée tout en réfléchissant encore à l'élaboration de cet... objet... qui séchait dans la remise... Elle se redressa, le bruit des roues ferrées sur le pavé venait de s'arrêter, elle se retourna, doucement pour voir ce que c'était...


Citation :
Non ma Lyselle, ne mets pas fin à tes jours, je suis revenu !!

Elle se figea soudain. Aga! Une vague de joie la submergea alors qu'il la soulevait dans ses bras tendres et vigoureux pour l'embrasser.

Mon Amour! Tu es revenu, enfin!

Elle l'embrassa encore et encore, se blotissant tout contre lui. Puis se recula légèrement, lorsqu'il la reposa au sol, pour le dévisager.

Les pâles rayons de soleil déjà bas sur l'horizon, faisaient briller sa crinière de feu alors que ses yeux rieurs et son sourire toujours aussi charmeur, ravivait en elle cette petite flamme qui avait doucement perdu de son ardente chaleur depuis son départ. Il était là, enfin... Elle rit, heureuse et soulagée. Puis posa la main sur son ventre pour le careser doucement... La mi-temps était terminée, P'tit bouchon était reparti à l'attaque... Sa manière à lui de fêter le retour de son papa sans doute...



Citation :
Et qu'est-ce que c'est que tout ce fard ? Tu as déjà détruit la maison ?

hein? Qu'est-ce que?... Ah oui... C'est vrai... Elle le regarda, les joues roses soudain. Oulala... faudrait pas qu'il rentre dans la remise maintenant... Elle n'avait pas tout rangé... Il fallait détourner son attention...

Euh.. juste un... petit accident de farine... j'ai voulu l'éclaplatchouiller un peu... ça donne un pâte plus... bonicieusement ferme... et euh... devant ses yeux vert-céladons comme des billes, elle sourit puis avoua nan, bon d'accord, je me suis juste battu avec un sac qui s'est un tout peu éventré... rien qu'un peu... on ramassera plus tard... et euh... un peu de bricolage aussi... rien de très important... ajouta-t-elle rapidement en rougissant de plus belle en époussetant machinalement ses vêtements. détourner son attention... Ouaip... pas facile...

Elle lui prit la main, la posant sur son ventre déformé et mouvant en souriant. Puis ferma les yeux, pour savourer le contact de cette main si chaude qui se promenait sur sa peau tendue.

Tu le sens? Il est content que tu sois là lui aussi...

Elle observait son visage radieux. Il allait bientôt devoir décharger la charette pour la rentrer... Mais...

Elle lui sourit, jeta un coup d'oeil vers la porte de la remise, puis vers le chariot...


Tu dois... être fatigué mon amour... Elle lui prit le bras et pencha la tête pour y poser la joue. Et tu dois avoir soif après ce long voyage... Viens... Rentrons... Elle commença à se diriger vers la maison, toujours accrochée à son bras, espérant qu'il la suivrait... Je vais te préparer une tisane bien chaude pour te réchauffer... Ou une bonne cervoise si tu veux... La charette peut attendre un peu là dehors... Tu la déchargeras plus tard... Elle leva vers lui un regard qui se voulait tout innocent, aussi innocent que le sourire qu'elle lui adressa, enfin, l'espérait-elle...



Agagamemnon a écrit:
Lyselle avait les traits un peu tirés mais l'air heureuse malgré tout. Elle prit sa main pour la poser sur son ventre gonflé de promesses.

Houla, ça bouge là dedans ! Dis-donc ma Lyselle, tu es sûre qu'il n'y en a qu'un, des fois ? demanda Aga en la regardant au fond des yeux. En tout cas, qu'il n'y en ait qu'un ou tout un régiment, ça ne l'empêchait pas de sautiller partout avec une énergie redoutable. Agagamemnon sourit.

Oui mon coeur, je vais ranger ma charrette... heu quoi ? Non ? pas la ranger ? Mais heu c'est que...

... c'est qu'elle l'avait pris par le bras et le tirait d'autorité en direction des cuisines, laissant la grange et sa remise dériver sur bâbord. Pendant ce temps, la tempête calmait des flots dans le bassin de la fontaine. Le rugissement des murailles liquides qui venaient battre les digues d'Alais se transforma peu à peu en un calme clapotis d'eaux douces et assoupies.

Hmmm, tu as raison ma Lyselle, Laetoune&Padme n'en est pas à dix minutes près. Allons faire chauffer la cheminée déjà.

Un vague détail l'intrigait cependant. Lyselle le couvrait de regards outrageusement limpides, tout comme si elle cherchait... à détourner son attention. Une ruse qui fait partie de l'attirail de base de n'importe laquelle de ces créatures du démon qui nous gouvernent, lecteur. Agagamemnon le savait bien, mais qu'y faire ? L'homme est faible et rêveur... Hmmm hmmmmmmm, je suis sûr qu'elle a vraiment détruit la maison, se dit Agagamemnon, résigné. Evidemment, pas facile d'envisager de la gronder avec un tel accueil. Agagamemnon était pourtant, enfin... serait pourtant (il l'avait fermement décidé) un mari intraitable et tyrannique. Bon... disons : plus tard... Là tout de suite, on n'était pas aux pièces non plus hein ? Il la souleva donc dans ses bras pour la porter à l'intérieur en riant quand soudain quelque chose lui revint en mémoire.

Oups ! J'allais oublier...!! Je reviens, ma Lyselle, je reviens !

Il reposa la jeune femme sur le seuil et retourna tout droit en direction de la charrette. L'âne qui mâchonnait quelques herbes poussant tant bien que mal entre les pavés lui jeta son habituel regard revêche.

Oui, toi aussi je t'aime, raclure !

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:52


lyselle a écrit:
Transportée vers la maison dans ses bras chauds et protecteurs, elle pensait déjà, avec soulagement, la partie gagnée... Il n'avait pas vu d'objection au fait de déchager la charette plus tard... Et puis, soit dit en passant, il y avait peut-être mieux que la charette à décharger d'ailleurs.

Elle entoura son cou de ses bras et tendit les lèvres vers son visage pour l'embrasser, après tout cela faisait longtemps hein... Alors autant en profiter... Et puis cela éviterait peut-être qu'il se pose trop de questions... parce que sa réponse au sujet de la farine et tout ça, il y a quelques instants... avait été quelque peu... hésitante... tout de même...
Faut dire aussi que cette arrivée impromptue, même si elle avait fait bondir son coeur de joie, l'avait quelque peu déboussolée... Il avait d'ailleurs semblé... un peu surpris... enfin... pas vraiment surpris mais... vaguement soupçonneux...

Mais tout allait pour le mieux... il l'emmenait dans la maison, et... elle aurait sûrement le temps de trouver le moyen de mettre un certain objet à l'abri de ses regards indiscrets... pendant qu'il... récupérerait de sa fatigue en dégustant une bonne cervoise devant la cheminée par exemple...

Voilà... Ils étaient dans la maison. Son rire, qui lui avait tant manqué, réchauffait l'atmosphère, elle se blottit davantage contre lui... c'est alors que... cela se gâta soudain...

Citation :
Oups ! J'allais oublier...!! Je reviens, ma Lyselle, je reviens !

Pas le temps de dire quoi que ce soit, il l'avait déjà reposée au sol et se dirigeait à grands pas vers l'extérieur à nouveau...

Elle eut à peine la présence d'esprit de réprimer un...


NON! Aga! Attends! qui mourut dans sa gorge... Ouf... Heureusement... C'était sûrement la dernière chose à faire pour ne pas attirer ses soupçons... Mais... Comment le retenir? Il ne devait pas aller dans la remise pour le moment... trop risqué... il pourrait le voir... Que faire?

Son visage devint plus pâle alors que les pas d'Aga claquaient déjà sur les pavés... Le faire revenir... Il fallait à tout prix le faire revenir... Maintenant...

Elle grimpa tant bien que mal sur la table de la cuisine, poussant soudainement un cri aigu et strident...


HHHHHHaaaaaaaaaaaaaaaaaa! Agaaaaaaaaaaaaaaa! Là!!!!!!! Un... Un truc!... Tout poilu! ... Un rat! ... Agaaaaaaaaaaaa! Viteeeeeeeeee!

Elle se demanda brièvement si elle n'en faisait pas trop... Après tout, elle n'avait jamais eu peur des rats... Mais... trop tard... C'était dit... Elle espéra de tout son coeur qu'Aga ne le savait pas... Et qu'en grand Chevalier Blanc dans son armure d'or étincelante, il se précipiterait à son secours...

Les lèvres rendues plus pâles par ce petit mordillement qu'elle leur faisait subir lorsqu'elle était anxieuse, elle tourna vers la porte qui donnait sur la ruelle, un regard empli de ter... euh... d'apréhension... la main droite posée sur sa poitrine comme pour sentir battre son coeur, la gauche posée sur son ventre comme pour rassurer le Petit Bouchon qui dansait la gigue.... tout en se demandant si le subterfuge aurait l'effet escompté.


Agagamemnon a écrit:
Il farfouillait depuis dix secondes à peine dans le barda qu'il avait ramené quand la voix de Lyselle retentit. La porte cochère, près de celle de la cuisine, faisait un curieux écho très bref, une sorte de scintillement. Dans le registre haut du soprano de Lyselle, quelques harmoniques subtiles se croisèrent et dessinèrent dans l'espace une ogive sonore fugace qui s'évanouit. Trrrès fascinant, se dit Agagamemnon, qui en oublia un instant ce que disait Lyselle là-bas. Il fallu une ou deux secondes de plus pour que la sonorité des mots se résolve en sens.

Un rat ??

Agagamemnon venait enfin de mettre la main sur ce qu'il cherchait. La coïncidence le fit sursauter. L'air souriant qu'il avait depuis son arrivée s'effaça. Son paquet chiffonné en main, il reprit rapidement le chemin de la maison.

Ne le touche pas surtout, ma Lyselle !!

Il regretta aussitôt le ton alarmé qu'il venait de prendre. Il n'avait pas peur des rats évidemment. Mais ce qu'il avait entendu récemment, pendant son dernier voyage, n'avait pas vraiment de quoi le rassurer. Pourtant, fallait-il alarmer Lyselle avec cela, maintenant ? Il pénétra en trombe dans la cuisine, cherchant du regard un balais ou quelque autre bout de bois dont il put se saisir pour assommer le rongeur.

Où est-il ? Tu en as vu combien ? Il t'a mordu, ma Lyselle ?

Les questions sortirent en rafale. C'est alors qu'il s'aperçut qu'au fond, oui il avait un peu peur cette fois. Il y avait quelque chose dans cette affaire qui remuait de vieille terreurs en lui. Quelque chose... non, il ne trouvait pas le mot. Sans même y penser, il avait passé le paquet dans sa main gauche pour libérer sa main d'arme. Il regarda Lyselle debout sur la table. Mais c'est qu'elle avait presque l'air de se moquer de lui, ma foi !! Il se sentit bête et un sourire revint sur son visage pour dissimuler son embarras. Il s'aperçut à peine à quel point il serrait le petit paquet qu'il tenait dans sa main. Et son regard revint balayer le sol et ce qu'il pouvait voir du dessous de la table.

Où est cette satanée vermine ?

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:53


lyselle a écrit:
Ah... ba nan... ça risque pô que je le touche... Au ton de sa voix, elle su immédiatement qu'elle avait vu juste : Aga se précipitait à son secours... D'ailleurs... le revoila... Il pénétrait dans la cuisine à la vitesse d'un Bloubeurd affamé c'est pour dire à quel point ça avait bien fonctionné... Elle resta immobile sur son perchoir, il fallait bien faire illusion... observa sa réaction tout en réprimant une forte envie de sourire. Son regard recherchait vivement l'animal fantome dans tous les recoins de la pièce et sa voix... sa voix... Elle fronça légèrement les sourcils.

L'avait l'air nerveux... vraiment nerveux... d'ailleurs ce flôt de questions auquel elle n'avait même pas le temps de répondre attestait de son inquiétude. Craindrait-il ces petits rongeurs? C'est étrange, elle aurait cru que non... D'ailleurs elle avait du mal à imaginer qu'il puisse craindre quoi que soit son preux Chevalier Blanc dans son armure d'or étincelante. Elle se sentait toujours si bien entre ses bras. Lui qui d'un seul sourire chassait ses peurs les plus profondément enfouies.

Elle commençait déjà à regretter cette petite mise en scène. Après tout, elle voulait juste l'éloigner de la remise, ce en quoi elle avait réussi, et non réveiller une vieille peur endormie...Les rats étaient rarement dangereux, mais ils avaient très mauvaise réputation et suscitaient bien des peurs irraisonnées. Elle culpabiliserait presque de faire naître en lui une telle inquiétude... Ce n'était pas bien de jouer avec la peur des autres...

Elle secoua nerveusement la tête, en réponse à ses interrogations: elle était saine et sauve... et observa ses faits et gestes du coin de l'oeil. Non... Il n'avait pas peur... pas vraiment... en tout cas, il n'agissait pas comme tel. Il était inquiet c'est tout. Quoique... Elle ne savait plus trop si cette interprétation correspondait à la réalité où à ce qu'elle préférait imaginer...

Non c'était décidé! Il n'avait pas peur! Les preux chevaliers n'avaient peur de rien!

D'ailleurs, il venait de ramasser une grande cuillère de bois qu'il tenait maintenant à la main droite en guise d'arme, alors que la gauche tenait bien serré... une sorte de paquet. Tiens donc? Elle haussa un sourcil, se demandant ce que cela pouvait bien être... pas le temps de se poser davantage de questions... Il tourna le regard vers elle.

Elle ferma les yeux, se concentrant pour ne pas rire. Ce qu'il était adorable comme ça son preux chevalier... avec sa drôle d'épée de bois à la main... son petit sourire timide et son regard farouche. Elle eut soudain une vision de lui, enfant, coursant quelque ennemi imaginaire à grands cris et se mordilla les lèvres... ce n'était pas le moment de se moquer, même gentiment... Elle respira un grand coup pour garder son sérieux.

Aga inspectait maintenant nerveusement le sol des yeux, brandissant son arme improvisée... Le preux Chevalier Blanc allait défier l'horrible dragon aux grandes dents tranchantes et aux yeux vifs pour délivrer sa Princesse Plouf.

Une idée lui traversa l'esprit... C'était le moment de l'éloigner un peu, juste le temps de placer l'objet à l'abri des regards indiscrets... L'allait bientôt pouvoir partir en quête, son beau Chevalier...

A la question qu'il venait de poser, elle répondit dans un soufle en montrant l'escalier du doigt.


Par là... En haut... l'a filé... à l'étage.

Agagamemnon a écrit:
Un coup d'oeil remontant en direction de la Princesse Plouf le ramena à l'évidence. Elle se fiche de moi, j'te dis !! Il loucha sur la cuiller qu'il tenait à la main, ne sachant plus trop qu'en faire.

Là haut tu dis ?

Après tout, ça l'arrangeait. Un rat qui monte est plus facile à attraper qu'un rat qui descend. Et puis il y avait moins de meubles là haut. La grande cuisine qui faisait aussi salle commune, la boutique ouverte sur la rue et la remise étaient au rez-de-chaussée. L'étage, une grande pièce d'un seul tenant sous la charpente du toit, servait surtout grenier, fort peu encombré pour le moment, et de chambre. Agagamemnon posa le précieux paquet sur un meuble. D'autant plus précieux si les rumeurs qui couraient étaient fondées... Bon, je lui donnerai ça tout à l'heure.Attrapons déjà le fauve. Il avala les escaliers quatre à quatre tout en criant à Lyselle :

J'en ai pour deux minutes, mon coeur et après, si tu t'es fichue de moi, je te file une fessée Razz

Quelques instants plus tard, il commençait à remuer les affaires qui traînaient pour débusquer la bestiole.

Faudra penser à adopter quelques chats, ma Lyselle. Et puis ça tient chaud aux pieds l'hiver.

Il ne savait pas trop si elle l'entendait d'en bas. Lui, en tout cas, ne l'entendait plus. Elle devait vaquer à quelque occupation vers sa boutique. Bah... Agagamemnon détestait les chats mais dans certaines circonstances, un moindre mal s'imposait. Au moins le temps que passe l'alerte. Après, il serait toujours temps d'en faire de la confiture, de ces sales bêtes. Enfin, on pourrait toujours les présenter à Laetoune&Padme, sans compter Celeri, Procyon, Bloubeurd et puis quoi encore ? Agagamemnon commençait à s'y perdre dans la ménagerie.

Et toi t'es où, saleté ! Viens-vite voir papa Aga sinon tu vas te faire appeler Arthur ^^.

En vain. Ce con de rat se planquait comme le sale pleutre qu'il était.


lyselle a écrit:
Au regard qu'il lui lança, elle comprit que... il faudrait la jouer serré... Elle retint sa respiration... Regarda en direction de l'escalier en hochant la tête nerveusement, à la fois pour vérifier que ce qu'elle venait de lui raconter était plausible et pour détourner le regard du sien au cas où... il y lirait les hésitations et les doutes qui l'assaillaient et qui pourrait trahir la supercherie. C'est que... elle n'avait pas pour habitude de faire des cachoteries... Et puis, il fallait qu'il monte et... elle aurait un peu de temps devant elle.

Apparemment, elle avait été convaincante... le voila parti vers l'étage en toute hâte. Petit soupir de soulagement... qui mourut cependant dans sa gorge à la promesse d'une bonne fessée... Il n'avait peut-être pas été dupe sur ce coup là... Ba... des promesses, toujours des promesses... Very Happy Pfff ne pas se laisser impressionner par ces cruelles paroles... On verra bien comment cela se finira... Razz

Elle profita de ce qu'il venait de monter à l'étage pour descendre de son perchoir. Prenant garde à ne pas faire de bruits et... sans trop se presser... Finalement, avec ce ventre qui prenait tant de place, ce n'était pas facile... Et ce n'était pas le moment de tomber... Ah! Quelle idée elle avait eu de grimper là... Mais bon... De toute façon, elle devait bien avoir un bonne dizaine de minutes devant elle encore. Comme il n'était pas prêt de trouver la bestiole et pour cause... et qu'il allait hésiter à redescendre bredouille... forcément, il allait chercher un moment.

Elle se dirigeait sur la pointe des pieds vers la porte qui menait à la cour, passa devant le paquet qu'Aga avait abandonné là... Elle s'arrêta, les yeux brillants de curiosité, pencha la tête sur le côté se demandant ce qu'il pouvait bien contenir, avança la main juste un peu, dans le but de tâter du bout du doigt... puis... sursauta... et se retourna vivement... La voix forte d'Aga lui parvenait... d'en haut... Elle souffla de soulagement... Elle avait cru un instant que... mais non... D'ailleurs on entendait distinctement les bruits de frottements des meubles trainés sur le sol...

Elle haussa un sourcil. Tssssss. Pas le temps de faire sa curieuse et puis de toute façon c'était pô bien...
Son coeur battait encore très fort dans sa poitrine lorsqu'elle avança à nouveau vers la porte... à pas feutrés...

Elle secoua la tête se demandant soudain pourquoi elle prenait tant de précautions... De toute façon, il ne risquait pas de l'entendre sortir de la maison... mauvaise conscience? Elle haussa les épaules... l'avait pas vraiment le choix de toute façon.

Elle sortit... tout en repensant à ce qu'il venait de dire... à propos de chats...
Elle fit la moue, pas convaincue... De toute façon il y avait Procyon et Procyon, les rats, il ne les aimait pas... et même s'il ne les attrapait pas toujours... Il pouvait au moins les chasser...

Elle fronça les sourcils en se mordillant la lèvre inférieure... Pourvu qu'il ne rentre pas bientôt, l'animal... S'il montait rejoindre Aga à l'étage, celui-ci comprendrait vite qu'il n'y avait aucun rat... Elle hocha la tête... Heureusement qu'il trainait dans les ruelles... Son histoire n'aurait pas tenu bien longtemps...
Elle pressa le pas... valait mieux se dépêcher... Juste au cas où.

Elle pénétra dans la remise et s'avança vers le fond... vers cet objet constitué de fins fuseaux rassemblés et collés entre eux qui séchait patiemment. On n'y voyait plus très bien... la lumière de jour avait bien baissé déjà... Elle soupira, réalisant soudain que... tout ceci avait peut-être été inutile... Qu'avec le peu de lumière qui atteignait cet endroit de la remise, Aga n'aurait sûrement rien remarqué... ce soir en tout cas.

Mais puisqu'elle était là maintenant, autant le mettre à l'abri de son regard... Elle souleva délicatement le moule de bois plein qui supportait les fuseaux d'érable et le porta sur la vieille table parmi les outils divers. Elle en repoussa une bonne partie pour pouvoir lui trouver une place en dessous de la large planche de bois qui servait d'étagère, puis chercha du regard quelque chose qui pourrait le masquer totalement... Là bas... un vieux sac de farine vide... ça ferait l'affaire... Elle alla le chercher, le secoua vivement pour en ôter les dernières traces de farine... il ne s'agissait pas de laisser la poudre blanche se coller aux fuseaux... Ce faisant s'en mit plein les vêtements à nouveau... ba pour la discrétion... c'était raté... Quoique... Ils en étaient déjà plein avant... Aga ne verrait peut-être pas la différence...

Elle regarda le sac à nouveau... hésita à le tendre de suite en guise de rideau sur la tranche de la planche... Il vaudrait mieux... qu'il soit totalement débarrssé de la fine poussière blanche qui s'insinuait partout... La fontaine...

Elle se pressa à l'extérieur afin de plonger le sac dans l'eau claire de la fontaine, l'y replongeant et l'essorant à plusieurs reprises... Voila... ça devrait être bon... Elle retourna à l'intérieur, accrocha ce rideau improvisé à l'aide de quelques clous... La caisse était bien protégée. Elle replaça les divers outils qu'elle utilisait encore parfois pour travailler le bois devant le tissu humide, les arrangeant de sorte à faire comme si cela s'était toujours trouvé rangé ainsi...

Elle frotta les paumes de ses mains humides sur ses vêtements et s'empressa de sortir de la remise pour rejoindre la cuisine.
Elle pénétra dans la maison en secouant à deux mains sa longue crinière pour en ôter la fine poussière blanche qui s'y était déposée pendant la délicate opération.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:54


Agagamemnon a écrit:
Un coup d'oeil derrière le bahut, déplacer le coffre à vêtements, se glisser derrière les poutres de la charpente pour vérifier que nulle bestiole ne se planquait par là... Agagamemnon avait fait trois fois le tour de l'étage et restait bredouille... Il finit par s'asseoir pour réfléchir. Il n'avait pas trouvé le monstre mais son honneur de vaillant chevalier exigeait qu'il présentât un trophée à sa princesse, sinon comment celle-ci accepterait-elle de l'épouser ? Voyons-cela... En farfouillant un peu, il exhuma des carrés de peau de loutre soigneusement découpés ; ils avaient ramené ça de Polignac, il n'avait pas vu tellement de loutres depuis leur arrivée à Alais.

Voyons voyons...

C'était à peu près de la bonne couleur si on le mouillait pour en foncer la teinte... En refermant ce carré en forme de sac, et en collant ici et là des bouts de bois pour faire les pattes...

Agagamemnon rampa sous le lit pour y chercher la boite à outils ménagers : grosses aiguilles pour coudre la peau, la corde qui simulerait la queue, du crin pour rembourrer la poupée...

Ha tiens, qu'est-ce donc ?

Dans un coin de la boîte, deux bouts de ferraille accrochés l'un à l'autre par leurs extrémités recourbées en boucle. Ha oui ! ça me revient... Et là il y avait une boucle de fil et là une tige et si on emboitait celui-ci dans celui-là et qu'on tirait sur le fil ici ça bougeait là-bas, c'était un de ces bricolages indescriptibles qu'Agagamemnon avait commencés et oubliés en cours de route pour les avoir trop bien rangés.

Ha oui c'est ça ! Et si j'accroche une autre tige là tout en fixant celle-ci, le mouvement se transmet mais...

Mais ça ne partait pas dans le bon sens, la tige déviait, cette sotte ! Grrmmmmbllll.... Allongé sous le lit, Agagamemnon entreprit de resserrer les deux boucles métalliques de la rotule de jointure avec une petite pince qui traînait par là. Et peut-être en placant un truc ici et un machin là-bas, la tige bougerait comme ça et alors le biniou du fond viendrait se coller dans l'alignement et alors... non... pas encore comme ça... mais par contre si...
Agagamemnon fut tiré de ses calculs et de ses supputations par un bruit de pas et de porte dans la cuisine.


Putentrailles ! comme dit la Sorcière, voilà mon Petit Machin Bleu qui revient. Agagamemnon se releva en hâte.

BLAM !


Ouille ouille ouille... saleté de lit de mes deux !!

Mauvaise synchronisation entre le corps et le mobilier sous lequel il était allongé... Agagamemnon déboula tout de même quelques secondes plus tard dans la cuisine en se frottant la bosse qui grossissait à l'arrière de son crâne.

Ma Lyselle !! Heu... hrmmmm.... j'ai pas trouvé le rat...

La raison de sa présence à l'étage lui revint soudain et il se rembrunit. Lyselle, toute poussiéreuse à nouveau, le regardait d'un air limpide qui lui rendit le sourire. Il la prit dans ses bras et l'emporta vers la commode sur laquelle était toujours posé le paquet.

Je le chercherai tout à l'heure avec Procyon quand le fauve daignera pointer son museau, à l'heure du souper je gage. En attendant, regarde un peu ça...

Il tendit la main vers le paquet enveloppé de chiffons en guise de protection.


lyselle a écrit:
Citation :
BLAM !

Ouille ouille ouille... saleté de lit de mes deux !!

Elle releva la tête vivement, une lueur interrogative dans le regard... Qu'est-ce que... Pourtant...

Elle s'avança dans la cuisine, alors que ses pas faisaient craquer l'escalier de bois. Elle le vit arriver, se frottant vigoureusement le cuir chevelu, le visage déformé par un rictus de douleur.

Aga? Que t'est-il arrivé mon amour? Elle fronça les sourcils en s'avançant vers lui... Il avait dû se cogner.... Tout cela était de sa faute, si elle ne l'avait pas envoyé à l'étage chasser un rat fantome... Elle se mordilla la lèvre inférieure avant de lui demander doucement : ça va? lui demanda-t-elle inquiète, en portant la main à son visage pour lui caresser la joue, main dont les petits doigts fins se dirigèrent vers la zone douloureuse pour évaluer l'étendue des dégâts... Belle bosse en effet...

Citation :
Ma Lyselle !! Heu... hrmmmm.... j'ai pas trouvé le rat...

Ah... oui... ba... Elle le regarda dans les yeux, l'avait l'air d'aller... enfin... façon de parler... Elle sourit devant son air penaud... Ce qu'il était adorable comme ça.

C'est... c'est pas grave mon coeur... Si ça se trouve, il... il est parti... sûrement... avec tout ce raffût que tu as fait... ajouta-t-elle un petit sourire en coin dans son regard clair. Il lui rendit son sourire et elle se sentit fondre à nouveau. C'est fou ce qu'il lui avait manqué, ce sourire.

Il l'emmena vers la commode.


Oui... Tu as raison... Tout à l'heure... Procyon sentira sa présence...

Elle lui jetta un regard interrogateur alors qu'il lui désignait le paquet de chiffons. Il lui souriait toujours...

Sa curiosité l'emporta bien vite. Elle tourna les yeux vers le paquet et le prit entre ses mains menues. Il contenait quelque chose... de bien emballé, en tout cas... Doucement, elle enlevait les plusieurs couches de tissus qui emmaillotaient leur trésor... alors qu'au fur et à mesure, de légères effluves délicatement parfumées s'en échappaient... et finit par découvrir...

Une petite boîte de bois, toute simple, taillée dans un bout d'écorce et une petite fiole scellée par un bouchon de cire. C'était cela qui sentait si bon? Mais qu'est-ce que... ?
Elle posa la fiole et ouvrit délicatement le couvercle de la boîte... Une petite boule... qui dégageait une odeur si délicate... Elle la porta sous son nez pour en sentir le parfum suave. Puis regarda de nouveau Aga, les yeux soudain pétillants.
Mmmmmmmmmmm ce que ça sent bon!... Elle referma la petite boîte avant de prendre entre ses doigts la fiole de terre cuite... s'en dégageait aussi une légère odeur qui s'échappait de la matière poreuse qui l'enfermait. Elle ôta le bouchon de cire... aussitôt une odeur divinement musquée vint envahir ses narines.

Cadeau princier...

Elle referma fébrilement la fiole et se tourna vers Aga, lui adressant un large sourire. Puis se jeta dans ses bras avant de passer les bras autour de son cou pour l'embrasser.


Merci mon amour!

Elle prit juste un peu de recul pour noyer son regard d'océan dans le sien. Au bout de ses doigts s'étalait quelques traces de la matière odorante et légèrement huileuse que le bouchon de cire y avait laissées. Elle en étala un peu sur le bout du nez d'Aga en riant avant de s'en parfumer en les essuyant dans le creux de son cou.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:55


Agagamemnon a écrit:
Le contenu du paquet avait plu à Lyselle, à l'évidence. Agagamemnon sourit devant la joie de la jeune femme. Il hésita. Comment lui dire la raison de ces dépenses somptuaires sans lui gâter sa joie ? Il avait laissé là-dedans près de la moitié du produit de ses dernières ventes. Il faudrait bien manger un peu plus de pain et un peu moins de viande pour finir le mois. Heureusement, le printemps arrivait et l'on se procurerait bientôt des légumes facilement. Mais Lyselle avait d'autres pensées que comptables, heureusement. Lyselle avait renversé sur son doigt une gouttelette de musc qu'elle partageait à présent entre leurs peaux.

Hé ! Les parfums c'est juste pour les filles et les Créatures du Démon (qui sont souvent les mêmes) ! Un homme un vrai, ça ne met pas des trucs pareils !! Mais tout de même... excellent assaisonnement ! ajouta-t-il en croquant sa victime qui riait.

Et puis, tu sais...

Ha, comme c'était difficile de parler de cela maintenant. Pourtant, le danger était là. Il avait déjà frappé Nîmes, il le savait. On parlait aussi d'un décès suspect à Alais, un mendiant. Et puis ce rat... Agagamemnon prit un air aussi détaché qu'il put et se lança.

... tu sais, ça protège des maladies.

Agagamemnon avait acheté cela près des portes de Mende. Peu de temps auparavant, dans une auberge, il avait croisé un voyageur venu du sud. Ils avaient bavardé autour d'une bière abondante. L'homme se disait médecin. Il quittait Nîmes, où l'on mourait. Nîmes où les rats avaient proliféré sans relâche jusqu'à ce jour fatal où le Fléau avait frappé. L'homme était formel, la Mort Noire était là. Il fuyait vers le nord. Ce n'était pas le premier voyageur à parler de cette rumeur devant Agagamemnon, mais c'était le premier à dépeindre un si terrifiant tableau. Le jeune homme l'avait interrogé sur les remèdes, ce médecin. Rien à faire ! disait-il, aucun simple, aucune potion, aucun clystère n'y fait. Quand la mort noire commence à vous ronger, alors bien rares sont ceux qui en échappent. Riches ou pauvres, putains ou vertueux, leur vie et la vôtre sont entre les mains de Christos. D'après le médecin, on disait aussi qu'en Orient, d'où vient la Maladie, les riches seigneurs qui s'enduisaient de musc échappaient parfois à la malédiction. On attribuait aux résines parfumées de semblables vertus. Les esprits éthériques à la base de ces préparations étaient sans doute pleins de principes opposés à ceux des miasmes putrides qui répandaient le mal. L'homme n'en avait pas dit beaucoup plus mais Agagamememnon n'avait pas hésité. Il avait filé droit au chariot de l'alchimiste maure qui traînait aux portes de la ville, incapable d'en franchir les grilles car les gardes ne voulaient pas le laisser entrer. Il avait vite trouvé son bonheur. A prix d'or évidemment. L'homme lui aussi avait passé par Nîmes. Il connaissait les bruits, il connaissait et faisait connaître les vertus de ses produits. Peut-être même était-ce lui qui avait si opportunément instruit le médecin. Agagamemnon ne prit pas le temps de douter, pour une fois. Il paya les produits trois fois leur prix et revint vers Alais avec son trésor qui allait garder du mal Lyselle et son petit bouchon. Lui, il s'en fichait, il n'était jamais malade de toutes façons. Enfin, il s'en fichait... les affreuses hécatombes que racontait parfois l'un de ses oncles de Montferrand, jadis, lui revenaient en mémoire parfois. Aussi, avec les souvenirs, les cauchemars d'enfance. La Camarde qui grimaçait au pied du lit, dans la ténèbre des chambres aux volets clos où la respiration du père, à côté - il n'avait pas encore disparu de la maison, alors - où la respiration du père qui ronflait faisait dans l'esprit du gamin comme le bruit des soufflets des Forges de l'Enfer.

En tout cas, c'est un alchimiste qui me l'a dit. Comme ça, en plus de sentir bon, il ne t'arrivera rien de mal, ma Lyselle !!

Bon, il n'avait pas tout dit mais tant pis. Les détails, la Peste qui venait, elle l'apprendrait bien plus tard. Ne gâchons pas les plaisirs, il fallait vivre un peu en attendant de mourir.


lyselle a écrit:
Elle leva les yeux vers lui, alertée par cette hésitaion... et cette voix soudain sérieuse qui accentuait l'étrangeté de ses propos.
Elle fronça les sourcils et le dévisagea un moment, s'interrogeant sur ce changement d'humeur soudain. C'est quoi cette histoire de maladies?... Elle eut une petite moue dubitative. En tout cas, je demande à voir... Elle n'avait jamais entendu dire que ce genre d'essences divinement parfumées protégeaient de quoi que soit... Que ce soit des maux de tête, de ventre, de la toux persistante, des difficultés respiratoires... et d'on ne sait quoi d'autre...

Elle l'observa à nouveau. Son regard était devenu plus lointain comme perdu dans les limbes de ses pensées sans doute noyées d'images et de sons qui n'appartenaient qu'à lui. C'est qu'il avait vraiment l'air inquiet sous le masque souriant qu'il affichait. Ba... L'éloignement sans doute... De devoir la laisser seule, alors qu'elle attendait un enfant et qu'elle se sentait quelque peu fatiguée avait dû le perturber un peu. Elle aussi avait été inquiète d'ailleurs alors qu'il voyageait seul sur les routes. Mais ça allait beaucoup mieux depuis qu'il était rentré.
Doucement, elle leva la main gauche pour lui caresser la joue et lui sourit. Ah.. les hommes... ça jouait les durs mais au fond... c'était plus sensible que ça n'en laissait paraître.

Citation :
En tout cas, c'est un alchimiste qui me l'a dit. Comme ça, en plus de sentir bon, il ne t'arrivera rien de mal, ma Lyselle !!

Evidemment qu'il ne m'arrivera rien de mal. Que veux-tu qu'il m'arrive mon coeur?

Bon, c'est vrai qu'elle n'était pas bien grande et menue avec ça mais... elle n'était pas en sucre tout de même. La dernière fois qu'elle avait attrapé froid on lui avait enlevé l'appendice, mais c'est des choses qui arrivent... et puis on s'en remet... Et puis la grossesse se passait bien.

Elle vit bien cependant que ses paroles ne le rassuraient pas tout à fait. Mais elle n'eut pas le temps de s'interroger davantage.

Provenant de derrière la porte, un gémissement plaintif se fit entendre... à fendre l'âme... spécialité toute procyonesque...


Tiens... c'est l'heure de souper...

Elle se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur les lèvres tendres d'Aga, oubliant tout ça.

Tu dois avoir faim toi aussi mon amour... Vas lui ouvrir, je vais préparer le repas pendant que tu décharges la charrette et qu'il chasse le rat, s'il est encore là... dit-elle les joues rosies.


lyselle a écrit:
Elle venait de retrouver Procyon.... Ces derniers temps, il traînait beaucoup dans les rues. Ba.... c'était le printemps, non? La saison des amours... Elle était heureuse cependant d'avoir mis la main dessus. Et d'un geste péremptoire du doigt lui avait intimé l'ordre de la suivre... Finies les longues virées dans les ruelles de la ville... bien trop dangereux... Pour lui et pour tout le monde...

Elle soupira, les yeux brillants. Elle était passée non loin du cratère... y avait vu les lettres de sang... la peste... la peste était là et avait déjà fait ses premières victimes. La belle Floei, Alvin... Qui d'autre encore? Après Nam et les autres habitants du Lys qui étaient partis en fumée...

De nouvelles mémoires à honnorer... Pas de recueillement possible sur les dépouilles... trop risqué... Mais le souvenir resterait encore longtemps les hanter.

Des morts, encore des morts... horribles... et ce n'était que le début. Il est des périodes comme cela dans la vie, noires et sombres... qu'on ne pouvait éviter... Subir... C'est tout ce qu'il restait... La colère de Dieu, avait-elle entendu... Foutaises! La peste n'est pas une punition divine, c'est l'oeuvre du diable! Ne dit-on pas toujours que Dieu est Amour, que Dieu est Pardon? Jamais l'Amour ni le Pardon n'avaient apporté la mort dans de telles souffrances! Dieu se contentait d'observer de loin, sans intervenir, comme à son habitude, sourd aux prières... Il accueillait les âmes, puisse-t-il accueillir dans la paix celles de Nam, Floei, Alvin et les autres.

Son regard s'assombrit, tout cela était injuste.

Ses yeux s'arrêtèrent sur le petit flacon, cadeau princier de son Aga... Aga... Où es-tu mon amour en ce moment même?... Ne traînes pas... pas le moment... fais attention à toi... je t'en prie... promets-le... La peste est dans nos murs, tu sais... oui... tu le savais... c'était ça, hein? c'était ça... que tu as essayé de me dire l'autre jour... en me donnant ce flacon... Je ne sais s'il nous protègera de la maladie... Mais pour toi, pour nous, je ne manquerai pas de l'utiliser... protéger le bébé... la protection que je lui offre est si précaire... il reste si fragile malgré tout... Même si je survis, y survivra-t-il, lui? Il faut prendre des précautions, tu as raison...

Sa main s'avança vers l'objet et le saisit. Quelques gouttes à la fois. En espérant que...

Elle tourna la tête vers Procyon, assis devant la porte, qui poussait des gémissements plaintifs. Il aurait bie voulu ressortir... Non... Pas question... Elle réfléchit un moment.... Il fallait l'en empêcher à tout prix... cela ne serait pas facile... Il pourrait s'échapper à tout moment... Pourtant, il ne devait pas courrir seul dans les rues de la ville infestée.

L'attacher... Seule solution... Elle alla dans la petite pièce attenante à la boulangerie y chercher de la corde. Elle pourrait l'attacher pour le sortir en cas de besoin... Elle s'approcha de lui, la lui passa autour du cou et commença à faire un noeud... Il la regardait de ses grands yeux ronds de surprise, la laissant faire pourtant. Elle lui sourit. Et lui caressa le sommet du crâne... Pas pratique à enlever tout de même... et puis... ça risquait de le blesser... Autre chose... Il lui fallait trouver autre chose... la corde frotterait sur son cou... Autre chose... Elle se concentra... Peut-être que...

Elle se dirigea vers l'escalier pour se rendre à l'étage. là haut, fouilla dans l'armoire... la vieille ceinture... Oui, ça pourrait faire l'affaire... A retailler... Mais... Pourquoi pas...

Elle redescendit à la cuisine, revint vers Procyon de nouveau et, plaça la vieille ceinture autour de son cou... Oui, cela devrait aller.

Un bon couteau, quelques entailles... pas plus difficile à travailler que le bois finalement... Voila... c'était prêt...

Elle l'appela, détacha la corde... la remplaçant par ce collier de cuir improvisé. La corde y serait attachée en cas de besoin. Bonne chose de faite... Il n'en avait pas l'habitude, mais... C'était mieux comme ça...

Plus rien à faire maintenant... Si ce n'est se remettre à penser... à penser à tout ça... à craindre le pire... La peste... Elle baissa la tête. Les jours prochains seraient difficiles... Une hécatombe sans doute... Parmi les hommes, les animaux... Son coeur se serra dans sa poitrine. Tous... Ils étaient tous en danger... Ne pas céder à la panique pourtant... ce serait pire encore...

Elle ne voulait pas les perdre... ni Aga, ni l'enfant... Elle ne voulait pas mourrir non plus, qui le voulait?... Aga... Et dire que... Ils n'étaient pas encore mariés... Trop de travail, pas le temps... et voilà...
La maladie était ici maintenant... elle risquait de le perdre... à tout moment... Elle attrapa du bout des doigts les deux diamants bleus qui roulaient le long de ses joues. Le mariage... Trop longtemps ils l'avaient repoussé... Il faudrait qu'il se fasse pourtant... bientôt...


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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:57

Jacques a écrit:
L'église, l'église, où qu'elle se cache l'église? .... Et béh, c'est que c'est pas gai ici à Alié....

En effet, plus Jacques s'avançait dans la ville, plus il trouvait l'ambiance étrange, pesante. Mais il n'avait pas tellement envie de refléchir à tout cela pour le moment, notamment et surtout parce qu'il avait faim. Car chez Jacques le degré de désolation de la tête était très souvent proportionnel à celui du ventre. Difficile de trouver la place principale d'une ville dans ces conditions, d'autant plus que... mais oui cette odeur! L'odeur du pain! Jacques s'arrêta, huma et avala la salive. Dans le doute il faut suivre son flair, paraît-il... Jacques suivit ce sage conseil, et laissa son nez guider ses pieds oubliant presque la fatigue. Au bout de quelque temps le bonhomme se retrouva devant la porte de ce qui ne pouvait être qu'une boulangerie. Il frappa, un peu plus fort et avec un peu plus d'insistance que les convenances l'exigeraient, et dit :

Hé! Y a quelqu'un par ici? Ouvrez braves gens!



Procyon a écrit:
Couché devant la cheminée... rien à faire... si ce n'est rêvasser... Tsss... par un temps pareil... mais qu'est-ce qu'il lui prenait... Le laisser enfermé ici, l'attacher à la moindre occasion de sortir... Ce qu'il la détestait cette corde! Et ce truc là autour de son cou! Ah si il pouvait le ronger! Mais il avait déjà esayé, rien à faire...
C'est pas que dormir ne lui déplaise... mais... c'est pas comme ça qu'il allait la conquérir, le jolie chienne aux yeux doux et brillants...

Elle n'avait même plus pitié de ses chants plaintifs...

Soupir... Re-soupir... et encore soupir...

Un bruit mat... venant de la boulangerie...

Il se dresse sur ses pattes, aux aguêts... un grondement vient rouler doucement du fond de sa gorge... Qu'est-ce que...



lyselle a écrit:
Elle était encore dans la cuisine, nettoyant la table de bois épais des dernières traces de farine qui s'insinuait dans les moindres rayures. Cela sentait bon le parfum musqué et le pain chaud... Curieux mélange.

Procyon était là, couché devant la cheminée qui ne consumait qu'une maigre bûche. Le printemps était arrivé... la température devenait plus douce, plus supportable... Le jeune chiot soupirait parfois, triste sans doute de ne pouvoir gambader à son aise... Mais il était hors de question qu'elle le laisse parcourir seul les rues de la ville infestée... Il devait finir par avoir compris, car il ne venait plus s'assoir devant elle en poussant des soupirs à fendre l'âme...

Elle frottait avec énergie... la table devait être parfaitement propre pour préparer la pâte à pain de la prochaine fournée.

Un grondement lui fit tourner la tête... Procyon était debout, les oreilles dressées, humant l'air la truffe levée, tournée vers la petite porte intérieure restée ouverte, qui menait à la boulangerie ...

Elle fronça les sourcils, vint le rejoindre et posa sa main sur son crâne pour le faire taire. Et écouta à son tour... Du bruit à l'extérieur... Une voix... Quelqu'un qui voulait qu'on lui ouvre... Pourtant... la boulangerie n'était pas encore prête à ouvrir ses portes, tout le monde le savait ici... Elle aurait dû depuis le temps qu'ils s'étaient installés... mais là, avec les derniers évenements...

Elle se dirigea à petits pas pressés vers l'échoppe, à la fois curieuse et inquiète... Quelqu'un avait-il besoin d'aide pour frapper ainsi? Pourtant... Si c'était le cas... il serait venu par l'autre côté... par la petite place à la fontaine... La voix n'était pas spécialement paniquée... Elle se demanda un bref instant si elle devait aller ouvrir... Après tout... la peste... et Aga qui n'était pas là... Elle ne pouvait tout de même pas faire comme si elle n'avait pas entendu... Cette personne avait peut-être besoin de quelque chose... Peu de visiteurs en ce moment... Et pour cause... Les gens ne se baladaient pas en ville sans raison... Elle arriva à la porte qui séparait l'échoppe de la maison.
Une silhouète au dehors, qu'elle ne connaissait pas... un homme. du moins c'est ce qu'elle pouvait voir au travers de la vitre pas très propre d'ailleurs de l'échoppe.

Elle fronça les sourcils. Qui cela pouvait-il bien être? Et pourquoi... Elle prit rapidement sa décision et pénétra dans la boulangerie pour ouvrir la porte au visiteur. Aga lui en voudrait peut-être d'ouvrir... Quoique... il fallait bien continuer à vivre... Elle avait beaucoup évité de sortir ces derniers jours... Il fallait se protéger, elle et l'enfant qui grandissait en son sein...
C'était surtout Aga qui s'était occupé d'aller plusieurs fois au marché pour y acheter le nécessaire quotidien... La farine, fruit de son dur labeur, provenait du moulin qu'il avait acquis. Mais... rester enfermée elle aussi, comme ce pauvre Procyon lui pesait... Ils ne pouvaient tout de même pas laisser la peur gouverner leurs vies... Il avait peur pour eux plus que pour lui même, elle avait peur aussi... pour lui et l'enfant... Ils passaient leur temps à craindre la maladie insidieuse et sournoise, qui avait envahi la ville... Et cela les avançait à quoi? Cela les protégerait-il seulement, de rester enfermés ici? ce n'était même pas sûr...

Elle posa la main sur la poignée de la porte qu'elle dévérouilla puis ouvrit doucement, restant en grande partie cachée derrière, poussant juste la tête pour voir. Visage rondouillard... Vieux chapeau de paille défraîchie... vêtements recouverts de la poussière un peu jaunâtre des chemins... quoique pas autant que les chausses...


Messire... Bonjour... que... Puis-je faire pour vous?

Elle sourit à la personne qui se trouvait debout là, devant la boulangerie... Un inconnu... semblait avoir beaucoup marché... fatigué?... ou affamé? En bonne santé apparemment... Elle en fut soulagée.

Il devait sûrement avoir faim, oui... Sinon pourquoi frapper à la porte d'une boulangerie...

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 21:59

Jacques a écrit:
Jacques frappa. La réponse se faisait attendre. Il frappa de nouveau, souleva son châpeau de paille se gratta la tête et se dit : "Et béh, y a personne ici, à Alié?" Il remit le châpeau, l'air très dessus et allait repartir quand un léger grondement venant de l'intérieur de la maison parvint à ses oreilles.

Ah! si!....Hé oh! Y a quelqu'un?

La patience du voyageur fut de nouveau mise à l'épreuve. Mais il tenait bon, en espérant secrètement qu'il sera recompensé par quelque pitance pour sa patience.

Finallement la porte s'entr'ouvrit timidement et un visage apparut dans l'interstice. Il en avait vu des boulangers, le bonhomme! Mais oh que ce visage doux d'une jeune femme différait de la mine arrondie d'un gaillard-boulanger que Jacques s'attendait à voir! Le bonhomme fut destabilisé et sa tête exprima sans cacher son étonnement.


Et béh! ma.... mes dé.. désolements pour la dérangeation, béé..belle dame!

Il se rappela des nobles qui s'arrêtaient de temps en temps dans son village, et en les imitant il enleva le châpeau et s'inclina aussi bien que sa morphologie le lui permettait.

Je m'excuse du désagrément, noble dame, mais moi j'croyais que c'était ici ce qu'on pourrait appeler une boulangerie.. C'est que l'odeur, voyez-vous.. Et puis moi,; Jacques qu'on m'appelle, belle dame, je viens d'y arriver ici, à Alié, j'y connais rien de rien moi. Et aussi j'ai bien faim, et puis quelque peu de fatigue aussi, la route était longue, voyez vous... Alors je pensais que c'était une boulangerie ici... mais là vous me mettez en doute, m'dame..



lyselle a écrit:
Elle sourit en posant son regard bleu vif sur l'homme qui se tenait devant sa porte. Ses yeux ronds d'étonnement donnait à sa bouille toute ronde elle aussi un air amusant et sympatique. Paroles hésitantes, accent campagnard...

Une ébauche de révérence, un peu gauche, qui lui demanda quelques efforts. Son sourire s'agrandit.

Elle l'écouta avec attention. Jacques se nommait-il. Etranger à la ville, ce qui se devinait aisément.
Il venait d'arriver... Ce n'était pas forcément la meilleure chose à faire que d'entrer ici, avec la peste qui rôdait... Quoique... Ce n'était pas forcément mieux que de rester en dehors des murailles... En tout cas, il avait l'air en bonne santé, et ne semblait pas avoir connaissance de la présence de la maladie aux alentours... Elle ne pouvait pas le laisser repartir comme ça dans les rues de la ville. Et puis, il avait faim, il était fatigué... Normal, après un long voyage... La peur... Elle ne devait pas laisser la peur de la terrible maladie qui sévissait ici s'imposer et régner en maître.
La bonne odeur des pains qui doraient dans le four envahissait la pièce.

Elle ne réfléchit pas davantage, se tourna vers Procyon qui l'avait suivie et d'un geste, lui intima l'ordre de rester là où il était avant d'ouvrir la porte en grand cette fois.


Votre nez ne vous a pas trompé Messire Jacques. C'est bien une boulangerie... Et j'ai quelques pains qui devraient ne pas tarder à être sortis du four.

Entrez donc... Vous pourrez manger un morceau et vous reposer un peu.


Elle s'effaça pour le laisser entrer dans la petite échoppe en désordre.

Oh! J'oubliais... Je me nomme Lyselle. Et ce chenapan là...ajouta-t-elle en désignant le labrador de la main c'est Procyon. Vous pouvez entrer sans crainte... Elle lui sourit puis posa la main gauche sur son ventre rebondi où commençait à s'agiter le petit bouchon qui venait de se réveiller.



Jacques a écrit:
Avant d'entrer dans la boulangerie, Jacques prit la précaution de prendre connaissance de la taille et de l'humeur du dénommé Procyon pour analyser d'éventuels dégât qu'il pourrait lui causer. Ayant constaté que Procyon n'était pas d'une apparence effroyable et semblait savoir faire preuve d'un certain sang-froid lorsque sa maîtresse le lui demandait, Jacques conclut que ce chien était un gentil chien. D'ailleurs ne cherchant pas à taire sa conclusion, il déclara avec un sourire :

Gentil chien, gentil!

Faut-il préciser que ce fut autant une flatterie destinée à attendrir Procyon qu'un complément adressé à sa maîtresse.

Ceci dit il se résolut à franchir la porte et la franchit tout en disant :

Mecri, merci beaucoup belle dame! Désolé encore de vous caser des agréments...

Il fit à peine un pas à l'intérieur de l'échoppe qu'il s'arrêta de nouveau, et sa mine devint soucieuse. Il fouilla dans une poche de son pantalon et leva les sourcils. Puis dans une autre poche.. Puis dans une poche arrière. Il fronça les sourcils... La dernière poche, l'ultime! Cette fois-ci un sourire illumina son visage, mais s'effaça bientôt. Il dit d'une voix hésitante :

Je n'ai.. J'ai.. Combien que je vous devrais ma dame? Il se trouve qu'il me reste dans les quatre écus plus quelques sous encore..

En attendant la réponse de Lyselle il jetta un regard circulaire et remarqua le désordre relatif qui regnait à l'intérieur de l'échoppe qui n'était pas tout à fait en état d'accueillir des clients. Il s'en étonna un peu et y voyant une occasion de se rendre utile après avoir restauré ses forces, bien sûr, il dit :

Sinon, ça me sera un plaisir de vous aider en quelque chose... Si vous voudriez bien, bien sûr.



Procyon a écrit:
Il s'était levé, assis, relevé, avait tourné un peu sur lui même, s'était rassis... et attendait maintenant sagement, tendant le cou, la truffe en action, dans la direction de l'inconnu qui venait d'entrer dans la maison. Il renifla par à-coups, faisant palpiter ses narines humides. Sa maîtresse posa sa main fine sur le sommet de son crâne... juste entre les deux oreilles... ouarffffff... pile à l'endroit où ça le démangeait... il ferma les yeux un instant, en extase, avant de les rouvrir pour surveiller.

Sa queue se mit à balayer frénétiquement le sol poussiéreux lorsqu'il reconnut malgré l'intonnation inhabituelle, les sons "gentil" et "chien", qui associés, lui procurait toujours cette sensation étrange de joie mêlée de fierté.
Il laissa un léger grognement de satisfaction s'échapper de sa gorge avant de se relever pour frotter son museau contre les jambes de sa maîtresse.



lyselle a écrit:
Elle se recula vers Procyon et lui gratouilla le crâne machinalement alors que Jacques entrait dans l'échoppe. Elle sourit gentiment au visiteur qui s'excusait du dérangement. Il ne les dérangeait pas, au contraire, c'était agréable un peu de compagnie. Elle n'avait pas croisé grand monde ces derniers jours... Il n'y a pas de quoi, je vous assure.

Un léger cliquetis se fit entendre, il fouillait ses poches. Elle fronça les sourcils lorsqu'il annonça le montant de ses maigres économies... Ne vous en faîtes donc pas pour ça... Il n'irait pas bien loin avec cette somme... S'il devait trouver à se loger... Ce ne serait pas suffisant pour une nuit à l'auberge. L'auberge... cela lui rappela soudain que Le Cratère était fermé... définitivement... Ele soupira.
Bien sûr, il pourrait en trouver une autre... mais... avec seulement quatre écus en poche... Elle l'écoutait distraitement, perdue dans ses réflexions... Hors de question de le laisser dormir dans les rues. Pas avec la peste qui rôdait... Il lui fallait un abri, un toît. Et il ne pouvait pas s'offrir le luxe d'une auberge. Peut-être que...
Gardez vos écus sieur Jacques, vous pourriez en avoir besoin pour plus tard... Puisqu'il avait proposer son aide... Pourquoi pas? Comme cela, il serait moins géné d'accepter son hospitalité. Et puis, autant voir la réalité en face, de l'aide, ils en avaient besoin... Aga ne pouvait tout faire à lui tout seul... Le moulin, les vaches, le potager, le marché où il préférait souvent se rendre à sa place... Cette taverne qu'elle venait de reprendre... Et dans son état...

Suivez moi à la cuisine... Elle emprunta la petite porte qui menait au coeur de l'habitation vous pourrez prendre un bon repas, vous avez l'air fatigué... Installez vous... Elle se dirigea vers la table et la marmite qui refroidissait, et en souleva le couvercle. Il me reste un peu de viande et des légumes... Elle replaça le couvercle et suspendit la marmite au dessus de la cheminée dans laquelle brûlait un reste de bûche, avant de se diriger vers le four. Le pain doit être prêt... juste le temps de refoidir un peu... Elle se saisit de la pelle de bois, ouvrit le four qui laissa échapper la bonne odeur du pain chaud et sortit les miches une à une...

Ce faisant, elle réfléchissait. L'homme n'avait pas l'air de savoir, pour la peste... Il fallait le lui dire... Qu'il sache, qu'il fasse attention... qu'il essaie de l'éviter si tant est que l'on puisse... Il fallait d'abord le prévenir, oui. Elle lui proposerait le gîte et le couvert ensuite. Elle commença, d'une voix hésitante.

Vous... On.. On ne peut pas dire que vous soyez arrivé en ville au bon moment... D'ailleurs, je me demande comment on a pu vous laisser entrer... Une chose est sûre... Vous aurez beaucoup plus de mal à ressortir... Les rues d'Alais ne sont pas... sûres... La peste... La peste rôde encore en nos murs... Ce n'était pas nouvelle facile à annoncer, la peste faisait peur... Quoi de plus naturel d'ailleurs... Elle hocha la tête de gauche à droite, n'osant poser son doux regard limpide vers le visiteur. Je doute que les gardes vous laisse repartir, maintenant que vous êtes entré... Mais... si vous le désirez, vous pouvez rester ici...Elle ne savait si cela pourrait changer quelque chose... Mais au moins en restant, il serait moins... vulnérable... J'aurais bien quelques travaux à vous faire faire puisque vous me l'avez proposé. Je ne pourrais pas forcément vous proposer un gros salaire, mais, vous seriez logé et nourri. Cette fois elle tourna vers lui son regard grave et bleu. La peste a déjà fait des victimes... et il n'est pas bon de trop rester dans les rues...

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 22:09

Jacques a écrit:
Jacques remarqua avec satisfaction que sa remarque à Procyon marqua le chien remarquablement. Un sage dirait au fidèle compagnon canin de Lyselle qu'il ne faut point se fier si promptement aux paroles flatteuses. Ceci dit, Jacques n'avait nulle mauvaise intention ni envers Procyon ni envers sa maîtresse, donc la phrase précedante est assez futile et n'apporte pas grand chose au récit. Dame Lyselle conseilla à Jacques de garder ces sous et lui proposa d'aller à la cuisine, à lui, à un étranger qui venait d'arriver dans sa ville... Si avant il n'avait nulle mauvaise intention, maintenant les bonnes s'accumulaient.

Jacques suivit Lyselle en explorant avec le plus grand intérêt tous les recoins de la bâtisse qui lui étaient visibles. Ils arrivèrent à la cuisine. Jacques posa son sac par terre, s'assit à la table et respira profondément : quel soualgement que de s'assoir après une journée de marche!

De la viande? Des légumes? Alors qu'il ne demandait qu'un bout de pain! La reconnaissance et l'admiration de Jacques envers son hôtesse ne cessait de s'accroître. L'odeur de la norriture rendait Jacques d'autant plus enthousiaste et aussi, faut-il dire, impatient. Jacques n'était, certes, pas de ceux qu'on pourrait appeler "gens très bien élevés", l'élevage, c'est plutôt lui qui s'en occupait... Mais il eut tout de même assez de politesse pour cacher aussi bien qu'il le pouvait son impatience.

Alors que le bonhomme regardait avec fascination les miches sortir du four, la voix de Lyselle devint hésitante. Jacques détourna le regard des miches et le posa sur Lyselle. Il vit son visage grave et le sien s'assombrit aussi. L'inquiètude augmentait et Jacques fronçait de plus en plus les sourcils. "Les rues d'Alais ne sont pas sûres?" Il haussa les épaules avant d'entendre le mot...

La peste! Ce mot horrible! Il en entendit parler si souvent, surtout dans des histoires d'horreurs... La Peste Noire! Il ne l'a jamais affrontée, la preuve : il était en vie.. Le Fléau de Dieu! Fuir, fuir! Partir le plus loin possible: Quitter cette ville! voilà pourquoi la ville était si sombre, voilà pourquoi le garde lui avait posé tant de questions! Courir, s'enfuir! Voilà les mots qui se lisaient dans ses pupilles dilatées.

Il se leva brusquement et s'appretait déjà à partir au galop, fouetté par l'effroi, quand son regard s'arrêta sur Lyselle. Il eut soudain honte de lui. La crainte recula devant la conscience et la raison. Cette dame a été si gentille avec lui... Et tout à coup quelque chose d'indescriptible le submergea, une sorte d'inspiration peut-être.. Celà lui arrivait parfois, au simple paysan qu'il était... Quelque chose arrivait et l'anoblissait et faisait qu'il se conduisait de façon étrange, qu'il faisait des choses dont il s'étonnait souvent par la suite et se demandait d'où ça lui était venu... Il se rassit, attendit que sa respiration redevienne calme et dit :


Fichtre! Je ne sais quoi vous dire ma dame... Il soupira. Il esquissa un sourire.
Et béh, noble dame, vous savez ce qu'il nous disait, le père Michel? Y disait qu'on allait tous y passer un jour ou un aut'... Et que chacun y aurait une seule façon d'y passer... et que c'tait pas à nous de décider.. Et qu'on y passerait qu'une fois, qu'y en aurait pas deux.... Et que c'était l'bon Dieu qui décidait, pas nous... Il pointa son doigt vers le haut Alors que je pense, si faut que j'y passe ici, à Alié, c'est qu'il le faut et que s'il le faut pas, béh même si y a cinquante-quat' pestiferés tout à côté de moi que j'y passerai pas et que ça me ferai rien de rien! Et puis.. quelle honte si comme ça je part, comme un lâche, comme un chien Il regarda Procyon C'pas pour te causer du tort qque j'dis ça, hein mon gars.. alors que vous, ma dame, vous me faites de l'hospit..hospité.. hospitalité.. comme vous faites... Alors si faut rester, j'y resterai ici, ma dame.. En plus vous y avez raison il est pas bon de se promener dans les rues si ya la P..Il n'osa pas prononcer le mot, et soupira juste. Il se tut pendant un moment, sans se rendre compte qu'il avait complétement oublié sa faim et sa journée de marche.



lyselle a écrit:
Elle le regardait, la main encore crispée sur son ventre. Mais le soulagement chassa la dernière lueur d'anxiété qui brillait encore dans son regard. Elle avait cru un moment qu'il s'en irai, quand il s'était soudainement levé... effrayé par la terrible nouvelle... Mais non... Cétait mieux comme ça. S'il avait cherché à sortir de la ville à tout prix, cela ne se serait pas forcément très bien terminé.

Il s'était résigné à rester. Très bien. Elle ferait ce qu'elle pourrait pour l'aider, le tenir à l'écart. Même si ce n'était qu'un inconnu. De toute façon,il n'avait nuille part où aller et... au moins, il aurait plus de chances d'éviter la maladie.

Mourrir de la peste n'était à souhaiter à personne... à personne!
D'ailleurs, jamais elle ne croirait à cette prétendue punition divine. Dieu ne pouvait pas souhaiter cela lui non plus. Comment pouvait-on prétendre une chose pareille? Quel crime aurait bien pu appeler si terrible chatiment de Dieu? Tout cela.... C'était pour mieux assoir leur pouvoir... sur de solides fondations : le peur... la peur qu'ils suscitaient chez les braves gens... Beaucoup y croyait en ville... à cette histoire de châtiment divin...

Mais cette idée n'avait l'air d'avoir effleuré son hôte. Tant mieux.
En tout cas pour quelqu'un qui ne savait que dire... Il était volubile... La nervosité sans doute.
Elle sourit. Et puis... Elle le regarda soudain plus intensément, presque attendrie... Il lui rappelait le vieux Jeannot... Bien que ne lui ressemblant pas physiquement, Jacques avait soudain fait ressurgir ce souvenir du passé. Cette façon de parler peut-être... de se tenir... Ces mots parfois hésitants, son phrasé, la musicalité de sa voix, sa bonhomie... Difficile à dire... Mais l'image était bien là, qui dansait dans son esprit. Celle du vieux Jeannot et de son sourire partiellement édenté qu'il ne réservait qu'à elle.
Petite fille, elle en avait passé du temps avec le vieux paysan qui braconnait pour survivre. Elle aimait le rencontrer au détour d'un chemin dans sa forêt et l'écouter quand il brisait le silence... Ses paroles simples recelaient parfois plus de sagesse qu'il n'y paraissait. Comme celles de Jacques d'ailleurs... Elle fronça les sourcils, laissant filer cette question qui lui effleura l'esprit... Le père Michel... Homme d'Eglise ou tout simplement mot affectueux pour désigner un personnage de son village natal, aux conseils avisés et estimé de tous... Aucune importance... Les mots qu'il répétait là, à sa façon, lui donnaient matière à réfléchir. Etait-ce vraiment Dieu qui décidait quand on devait mourir? Quand oui, peut-être... Comment sûrement pas. Elle ne pouvait croire que Dieu puisse souhaiter voir mourir quiconque de la peste... ni même... Ses yeux s'assombrirent, prenant la teinte des flôts agités par la tempête... Il lui avait dit la même chose, Max... Mais... Cela ne l'avait pas soulagée pour autant... Sans doute n'était-elle pas encore prête à l'entendre...
Pourtant c'était possible oui... Sans doute pour cela qu'elle Lui en avait voulu autant et Lui en voulait encore d'ailleurs... Il avait laissé mourrir ses parents... sans rien faire... RIEN! Une mort atroce et violente... Seuls Maxfan et elle y avaient échappé... ses parents méritaient-ils de mourrir? Non!
Alors pourquoi? Parce que c'était leur heure? C'est pour cela que Dieu n'était pas intervenu ce funeste jour, restant sourd aux prières muettes d'une petite fille?
Son Max, qu'elle avait cru mort si longtemps, elle avait fini par le retrouver... Elle avait prié pour lui aussi, ce jour là, du fond de sa cachette... si fort... Et ... il était là aujourd'hui, bien vivant... Pas eux...

Elle prit soudain conscience du silence qui s'était installé. Elle hocha la tête de gauche à droite, pour chasser ces sombres pensées et posa un regard brillant vers l'homme attablé.
Le pain devait être moins chaud maintenant... Et un bon fumet s'échappait de la marmite.
Elle sourit à Jacques avant d'aller chercher une sorte d'assiette de bois et des couverts qu'elle déposa devant lui, ainsi qu'un gobelet qu'elle remplit de vin aux deux tiers.


Alors, vous restez? Très bien. Cette question n'en avait pas vraiment été une... Juste une façon de reprendre pied avec la réalité.

Elle alla chercher une miche de pain encore chaude et croustillante dont elle coupa quelques tranches qu'elle amena à table. Puis se dirigea vers la cheminée un chiffon enroulé autour de chaque main,se baissa pour décrocher la marmite qu'elle posa non loin de l'homme, sur une fine tranche de bois de chêne avant d'en soulever le couvercle pour le servir.


Bon appétit. Mangez à votre guise.

Elle lui sourit et se tourna vers Procyon qui s'était installé sur son arrière train à côté de la table, le museau levé, les narines frémissantes.

Non toi tu as déjà mangé garnement! Vas donc te recoucher... lui dit-elle en pointant un doigt vers le coin à côté de la cheminée. Mais l'animal préférait faire la sourde oreille...

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 22:09

Jacques a écrit:
Un
Merci, madame! compléta hamonieusement le "Bon appétit" de Lyselle.
Tout d'abord Jacques n'a pas compris toute l'importance de la tournure "Mangez à votre guise". Cependant quand les premièrs légumes entrèrent dans la bouche de Jacques, ils amenèrent avec eux l'appétit chassé par la conversation quelques minutes auparavant. La faim revint donc avec de nouvelles forces. Elle obligea Jacques à vider son assiette en mettant pour ce faire autant de temps qu'une mouche moyenne, jeune, motivée et en bonne santée mettrait à faire cinq aller-retours d'un coin de la cuisine à l'autre. Il est inutile de préciser que la viande et les légumes furent accompagnés par le pain croustillant de Lyselle. Jacques regarda son assiete vide et comprit que dans son ventre il restait toujours un espace tout aussi vide et approximativement de la même taille. C'est la que "à votre guise" permit à Jacques de se reservir. Ce qui arriva au contenu de la première assiette arriva à celui de la deuxième. A l'intérieur de Jacques se produit alors un duel entre la conscience et l'avotreguise. La conscience l'emporta de peu : Jacques décida qu'il faudrait quand-même laisser de la nourriture à son hôtesse au cas où elle aussi aurait faim. Ensuite il se souvint du gobelet posé sur la table juste à côté de lui. Le contenu du gobelet combla à marveille les quelques lacunes qui subsistaient enore. La faim de Jacques fut rassasiée.


Et bien! Je crois que j'ai jamais mangé de pain et de légumes aussi bons!

Il se leva avec quelques difficultés. En essayant de dissimuler le sommeil qui commenceait à le gagner, Jacques dit

Si je peux vous aider à débarrasser ou autre chose, madame?



lyselle a écrit:
Elle le regarda manger de bon appétit, même si cela n'était pas très poli de regarder les gens manger comme ça.

D'abord stupéfaite par la quantité de nourriture qu'il pouvait avaler en si peu de temps, elle se ressaisit rapidement et sourit. Le pauvre homme devait avoir bien faim, manifestement cela faisait un bon moment que son estomac n'avait connu telle affluence de petits légumes mijotés et viande en sauce. D'ailleurs, elle espérait que son estomac tiendrait le choc... il risquait bien de connaître quelques aigreurs surtout si ces derniers temps il avait connu quelques restrictions.

Une petite tisane calmante et digestive serait sûrement la bienvenue ensuite. Pour elle aussi d'ailleurs, le p'tit bouchon avait bien trop tendance à prendre son estomac pour l'une de ces vessies de porc communément utilisée pour tenir lieu de soule... et perturbait sa propre digestion.

Elle mit de l'eau à chauffer, et prépara quelques feuilles de verveine et quelques cosses de badiane, gardant le silence, afin de le laisser faire bombance en toute tranquilité. On entendait plus que le cliquetis de la cuillère de bois sur l'assiette, les bruits typiques de mastication masqués parfois par quelques gémissements plaintifs de Procyon qui pensait ainsi attendir leur hôte et récupérer quelque morceau... Elle regarda le jeune chien l'air faussement indigné. Un vrai estomac sur pattes celui-là depuis qu'elle le gardait enfermé dans la maison. Elle lui indiqua d'un doigt autoritaire la direction de la cheminée et de la peau de mouton accueillante qui veillait sur son sommeil... Mais... rien à faire... il y avait plus interessant sur la table.
Elle lui fit les gros yeux en secouant la tête. Ce n'était pas l'heure de son repas... Le jeune chien se coucha sous la table, la tête sur ses pattes de devant, les yeux humides levés vers elle et un gros soupir royal se fit entendre. Elle l'ignora et plongea les plantes séchées dans l'eau bouillante.

Leur hôte avait maintenant terminé. Elle le remercia de sa voix douce pour le compliment qu'il venait de faire au sujet dun contenu de son assiette. Son sourire s'élargit. Oh, elle n'était pas un cordon bleu non plus, mais il est vrai que lorsque la nourriture vous fait défaut un temps, ensuite, tout peut vous paraître succulent.



Non laissez, cela ira... Elle commença à ramasser assiette et couvert Je peux vous proposer une petite tisane, si vous voulez, pour digérer et puis vous pourrez vous reposer, vous avez l'air exténué. Une bonne sieste vous ferait du bien, et vous pourrez récupérer de la fatigue de votre voyage. Vous aurez bien assez l'occasion de m'aider plus tard, ne serait-ce que pour remettre la boulangerie en état par exemple, mais cela peut attendre demain.



Jacques a écrit:
De la tisane... Tout d'abord Jacques n'a pu contenir l'expression de répugnance qui s'empara de son visage. Une tisane! Mais il ne buvait que de la tisane depuis le tragicomique départ de son village! C'est ce qu'il y a de moins cher dans les tavernes... Et il faut dire que certains taverniers, surtout ceux de touts petits villages, ne tiennent pas grandement à la réputation gastronomique de leurs établissements. De ce fait la plupart de tisanes que Jacques dût avaler durant son voyage furent fort mauvaises, au point qu'il a bien failli jurer d'opter pour l'eau, si jamais un choix tisane/eau se présentait. Il fronça donc les sourcils en entendant résonner le mot "tisane" dans les airs de la cuisine. Il les aurait froncé encore plus si la voix qui prononçait l'affreux mot était moins douce. Il commença à chercher une tournure des plus élégantes et des moins blessantes pour refuser quand.... Quand le parfum délicat du breuvage atteignit son nez dont on ne peut dire la même chose Rolling Eyes . C'était la première fois que Jacques sentait ses parfums exotiques qui eurent pour effet d'apaiser immédiatement tout mécontentement.

Ah! ma dame, c'est que je ne croivait jamais qu'une tisane pourra sentir comme ça que ça sent! Sa seule odeur me re.. ravale... révèle toute sa ... glandeur ... enfin vous y voyez ce que je cherche à dire.. Que oui que je veux bien y gouter un peu ! J'ai même quelques doutes que ça puisse bien être une tisane..

Jacques eut du mal à s'empêcher d'aider son hôtesse à débarrasser la table. Mais il s'en empêcha tout de même car de toute façon il ne savait pas où ranger. Or quand on ne sait pas où ranger on risque fort de déranger en rangeant. Par contre il n'empêcha pas Lyselle de lui servir de la tisane et il ne s'empêcha pas de la déguster avec le plus grand plaisir. L'un des effet que cette tisane produit sur Jacques fut un effet apaisant : ses paupières s'appesantirent et il faillit trébucher. Il sécoua la tête pour chasser provisoirement le sommeil et dit :

Ah oui.... Comment vous dites... exten... brr.. Je ne sais ce que vous entendez par extérnuer... Il me semble pas que j'ai attrappé froid. Par contre vous avez bien raison, me semble bien, j'ai bien sommeil! Ca me dérange encore de vous déranger... Je n'ai pas besoin d'un bien grand lit.. ni même d'un lit Pourvu qu'on y puisse dormir.




lyselle a écrit:
Lyselle sourit, soulagée. Il lui avait bien semblé, à la mine qu'il affichait, que quelque chose dérangeait l'homme, même s'il n'en avait dit mot.
Elle se demanda un instant ce qu'elle avait bien pu faire ou ne pas faire, ou alors dire ou ne pas dire, qui eût pu lui déplaire. Elle ne voyait pourtant pas...
Et puis... Tout sembla rentrer dans l'ordre... Il sembla soudain enthousiaste à l'idée de gouter au breuvage qu'elle lui avait proposé, dont il doutait que... Ah! Bien sûr... C'était donc cela... La tisane... Il est vrai que ce n'était pas la boisson favorite de ces messieurs en général. Pourtant celle-ci... avait eu l'air de le séduire. Il faut dire aussi qu'elle ne ressemblait en rien à certaines de ces eaux chaudes insipides qu'on vous faisait parfois ingurgiter...


C'en est bien une... Un peu inhabituelle sans doute mais délicieuse vous verrez, aussi délicieuse que son parfum délicat vous laisse le présager... C'est... cette plante surprenante qui sent comme cela... la badiane... Il paraît que cela vient d'un pays lointain, au delà des mers. C'est le marchand qui me l'a affirmé. Je ne sais si cela est vrai mais une chose est sûre je n'en avais jamais vu auparavant. Elle donne au breuvage un goût peu commun et a d'excellentes vertus digestives et apaisantes.

Elle laissa là la vaisselle pour retirer le petit chaudron de dessus du feu. La tisane était prête. Elle lui en servit un bon bol, s'en servit également et s'assit à table pour boire à petites gorgées tout en le laissant déguster.

Les deux coudes sur la table, le bol bien chaud bien calé entre les paumes de ses mains, elle leva les yeux vers lui. Il tombait de sommeil.
Elle reposa délicatement le bol devant elle et se leva doucement, un sourire bienveillant aux lèvres.


Je voulais simplement dire que... vous sembliez très fatigué. répondit-elle à son interrogation, sans insister davantage. Jacques avait la simplicité des braves gens de la campagne et l'intelligence de ne pas faire semblant de comprendre ce qu'il ne comprenait pas. A elle de faire attention à se faire comprendre à l'avenir.
En tout cas, cette franchise était plutôt rafraîchissante et appréciable. La ville avait trop tendance à avoir de néfastes influences sur les comportements. Elle espérait de tout coeur que Jacques s'il décidait de s'établir à Alais, garderait cette sincérité et cette simplicité qui était les siennes.

Il était temps de le laisser se reposer. Elle se dirigea vers l'escalier dans le coin du fond, opposé à la cheminée et l'invita à la suivre en passant près de lui. Ses dernières paroles venaient de lui faire revenir un détail à l'esprit.


Venez pas ici, vous pourrez vous reposer à l'étage, tranquillement. Il y a une petite pièce à gauche, juste après l'escalier. Il doit y avoir un matelas de paille rangé sous l'escalier... Elle venait d'atteindre l'endroit cité et repoussait quelques objets divers et variés qui se trouvaient là en attente d'être rangés ailleurs... Et ses doigts fins touchèrent... le drap épais qu'elle pinça doucement. Le crissement caractéristique de la paille sèche se fit entendre. Oui... Il était bien là... Un fin sourire détendit son visage. C'était le vieux matelas qui avait déjà passé tant de temps sous l'escalier de "La Belle Bleue" à Polignac, celui là même qu'elle avait lancé à travers la pièce pour amortir la chute de son frère, lors de cette petite soirée festive qui avait mal tournée... Matelas qu'il avait d'ailleurs reçu sur le dos, eh oui, elle était rapide mais pas à ce point... ce matelas, ils l'avaient emportés en déménageant. Elle avait voulu le conserver, pour une obscure raison... Et il était encore dans le même état que là-bas... c'est à dire... à rempailler... mais il ferait l'affaire pour le moment. Regardez ici, sous l'escalier...Elle se recula pour lui faire de la place.Il y a là un matelas de paille... pas très luxueux, mais encore utilisable. En attendant de lui rendre bientôt sa forme originelle, il pourra vous servir. Dès demain, nous tacherons de changer la paille qui le garnit pour qu'il soit plus confortable.

Elle se dirigea vers les premières marches de l'escalier qu'elle commença à monter, laissant à Jacques, le soin d'emporter le fardeau qu'elle ne pouvait porter elle même.

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Lun 30 Juil - 22:10

Flèche. a écrit:
L'animal furetait depuis un moment autour de la boulangerie. Il avait flairé une odeur de chien et se demandait s'il valait mieux pas attendre dehors pour voir sortir la personne qu'il recherchait pour lui délivrer son message.
Finalement il opta pour l'entrée par un petit trou et se glissa à l'intérieur.

Après quelques trotinenement, la petite ratte se hissa sur la table par l'intermédiare d'uun tabouret et s'approcha de Lyselle. Elle chuinta un petit coup et laissa glisser le parchemin sur la table.


Tangarius a écrit:
Ma Lyselle,

Je voulais te prévenir de mon arrivée prochaine. J'espère que vous allez bien tous les trois. Cela fait tellement longtemps que je n'ai de nouvelles de vous que j'en arrive à me poser des questions.
Enfin, voilà, je prends la route et serai là dans une quinzaine je pense si tout va bien.
Prenez soin de Flèche, elle doit être épuisée là...elle n'a pas l'habitude comme Piston de faire autant de chemin.

je vous embrasse et vous dis à Bientôt.

Tang

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:34

lyselle a écrit:
Elle s'affairait tranquillement autour de la table de la cuisine, la fournée n'était pas prête encore, bientôt sûrement pouvait-elle en juger à la bonne odeur qui envahissait la pièce. Pas la peine de s'éloigner, le bébé se faisait lourd et elle préférait économiser ses allées et venues.

Un petit bruit, petit chouintement à peine audible parmi les bruits d'ustensiles divers qu'elle rangeait, lui fit tourner la tête. Un sursaut qui fit bondir son coeur, elle lâcha le manche de la cuilllère en bois, qui retomba dans un bruit mat sur le plateau de la table. Un grand coup dans l'estomac lui fit froncer les sourcils. La main gauche contre sa poitrine, elle regarda avec attention le petit animal qui trônait là, un morceau de parchemin devant elle. Pas effrayé le moins du monde, il levait vers elle ses yeux vifs et brillants, les moustaches frémissantes. Un rat, ce n'était qu'un rat... domestiqué, un rat messager. Elle se reprit, les rats ne l'effrayaient pas outre mesure, surtout que l'épidémie de peste etait bel et bien terminée, c'est juste son arrivée soudaine alors qu'elle était plongée dans ses pensées qui l'avait surprise. Les rats, il y a quelques temps à peine, étaient encore férocement chassés.
Un léger sourire vint détendre son visage, un si petit animal source de si grandes peurs. Elle approcha sa main droite et ramassa le parchemin tout en chatouillant du bout de l'index la gorge de la petite bête.

Tangarius! Cela faisait si longtemps! Ce qu'elle était contente! Son coeur redoubla d'efforts, mais il battait de joie cette fois. Tanga allait arriver à Alais! Aga allait être ravi d'apprendre la nouvelle! Il fallait préparer un coin pour le couchage, ils n'allaient tout de même pas le laisser loger à l'auberge, et puis préparer... Le bébé s'agitait, donnant des coups deci-delà. Elle descendit sa main gauche sur son ventre qu'elle caressa en chuchotant.
Calme-toi petit bouchon... Ce n'est rien. Enfin, si... Nous allons bientôt recevoir la visite de ton parrain.

Elle secoua lentement la tête. Ils avaient bien le temps, il ne serait pas là avant une quinzaine. Elle dresserait la liste des choses à faire... Aga allait être doublement ravi! Un sourire malicieux s'épanouit sur ses lèvres.

En attendant, elle allait s'occuper de cette petite bête. Flèche. Une ratte, donc. Le détail avait son importance, c'est parfois susceptible les petites bêtes...
Et puis, il faudrait la protéger de Procyon, qui à sa manière aimait beaucoup les rats en général, surtout pour les poursuivre et les croquer, quand on est un chien, on s'amuse comme on peut... Lui faire comprendre que, non, il n'avait pas le droit de toucher à celui là, par contre pour les autres, il pouvait être sans pitié... Sinon ce serait bientôt l'invasion dans la remise... Une petite ratte si mignonne et en bonne santé, ça risquait d'attirer des foules de prétendants. L'allait avoir du boulot, le Procyon!

Elle se pencha vers l'animal.
Tu dois avoir faim, toi... Elle se tourna pour attraper un petit légume fraîchement cueilli dans leur potager, quelle tendit vers la ratte.radis au menu, ça te va? Elle posa le radis devant l'animal puis alla fermer la porte qui donnait sur la place de la fontaine, il valait mieux ne pas prendre le risque que Procyon se jette sur la ratte à son arrivée.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:35

Tangarius entra dans Alais. Lyselle lui avait expliqué ou se situait sa boulangerie et il passa devant une fois pour repèrer les lieux puis lui fit faire un demi tour pour aller la ranger derrière la maisonnette.

Il sourit à la femme se tenant à ses côtés.


Voilà..arrivé...Ca a l'air sympa ici, non?

Tang lui tendit les bras pour l'aider à descendre.


Bon, je vais la laisser là pour le moment et je vais aller voir si Lyselle est ici..Elle a un chien...Alors vaut mieux faire attention....Et puis j'espère qu'il n'a pas bouffé Flêche...
je te retrouve plus tard en taverne, d'accord?


Il lui prit la main, lui embrassa et la laissa partir pour une des tavernes du village

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:35

lyselle a écrit:
Des coups à la porte... Elle releva la tête, les sourcils légèrement froncés. Elle avait bien entendu une charrette s'arêter derrière la maison, mais elle avait d'abord pensé qu'il s'agissait d'Aga, qui ramenait de la farine du moulin. Mais non... ce ne pouvait être lui. Procyon ce serait déjà précipité vers la porte en gémissant et en se tortillant en tout sens.
D'ailleurs, en y repensant, ce n'était pas le bruit des petits pas entêtés de Laetoune&padme qui avait résonné sur les pavés inégaux.

Elle tourna la tête vers le jeune chien. Procyon s'était levé et, les oreilles dressées, laissait échapper un grondement quelque peu hésitant, entrecoupé de reniflements nerveux. Etrange... il ne s'était pas non plus précipité en aboyant férocement vers la porte.
Elle haussa les épaules, se frotta les mains l'une contre l'autre pour en ôter la farine claire qui les maculaient et se dirigea vers la porte tout en les essuyant dans un chiffon pour éliminer les dernières traces de cette douce poudre odorante. Procyon la suivait, plus un grognement ne sortait, il se contentait de renifler, le museau tendu vers le bas de la porte en remuant de la queue sans grande conviction toutefois.

Elle lui tapota l'échine et le repoussa légèrement:


Allez! laisse-moi ouvrir!

Les yeux encore baissés vers le jeune chien, le regard sévère, elle lui intima l'ordre d'un geste du doigt, de rester tranquille.
Elle commença à ouvrir la porte, doucement, tout en relevant la tête vers la silhouette, qui lui semblait immense, qui se trouvait derrière. Très bref temps d'arrêt avant de la tirer brusquement, un sourire éclatant au visage, pour se précipiter vers Tanga.


Tanga!... Tu es arrivé! Enfin!... Ce que tu m'as manqué! Elle essaya tant bien que mal de le serrer contre elle, avec son gros ventre, ce n'était pas chose aisée, mais réussit tout de même à déposer sur chacune de ses joues un baiser sonore et humide des larmes de joie qui s'était insidieusement mises à couler.



Bienvenu à Alais, mon Tanga.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:37

Il lui sourit lorsqu'elle ouvrit la porte. cela faisait si longtemps qu'il lui avait promis de passer la voir, elle et Agagamnon. Il passa ses grands bras atour de ses épaules lorsau'elle fit raisonner ses bisous sur ses joues.

Bonjour Lyselle...Chose promise chose due tu vois...Je suis enfin là.

Il essuya les larmes de joie qui dévalaient les joues bien remplies de Lyselle.


Pfff...Qu'est ce que tu m'as manquée....


Il ne put s'empêcher de lui refaire deux bises, lui même sentant l'émotion le gagner, il se mit à poser tout plein de questions.


Comment vas tu? Que devient Agaga? Et l'enfant...c'est pour bientôt?

Tang était heureux, il fit des caresses à Procyon qui le bousculait et qui ne demandait que cela, le bougre.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:37

lyselle a écrit:
Elle sourit et caressa son ventre prohéminent et durci. A la grosseur de ce ventre rebondi, à la pression que le petit corps exerçait sur ses organes et ses os, elle pouvait deviner qu'il était prêt à naître cet enfant. Il n'y avait plus qu'à attendre. Il viendrait à son heure, heure qui se rapprochait inéluctablement.

L'enfant? Oui, il sera là bientôt. Si tu restes un peu, tu auras peut-être la chance de le voir naître, qui sait?

Elle continuait à caresser son ventre, machinalement, comme elle avait pris l'habitude de le faire ces derniers temps pour calmer les assauts répétés de l'enfant qui appuyaient douloureusement sur ses côtes et son estomac.

Allez entre donc! On t'a préparé un lit. Aga t'aidera à décharger la roulotte et à la rentrer dans la remise tout à l'heure. En attendant, viens boire une bonne bière. La route a dû être longue.

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:37

Il la regarda se frotter le ventre et fut envahi d'une tendresse immence pour cette future maman. Elle était resplendissante, encore plus maintenant.

Merci bien Lyselle.

Il entra donc suivit de Procyon qui ne le quittait pas d'une chausse, s'asit à la table et hoppina du chef lorsqu'elle lui proposa une bière.

Ho, ma roulotte....elle peut rester dehors derrière ton échope...Je n'ai rien à voler dedans. En tout cas merci pour le lit...Je ne sais pas si je dormirai chez toi ou dedans...Je verrai.
Je vais rester un peu en effet Lyselle. Ma soeur viendra peut être me rejoindre et qui sait....retrouverai je le sourire.


Tant de choses c'étaient passées depuis son départ de Montpensier. Une rencontre, de nouvelles connaissances, une déception. La vie. La colère était en lui, la haine aussi pas moment. Il but une gorgée de bière pour se calmer et ainsi faire le vide en lui. Regarder Lyselle aussi le calmait. le petit être dont il allait être le parrain allait arriver bientôt à sa plus grande joie.

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:38

Procyon a écrit:
Calmé, il se coucha aux pieds de l'ancien Souleur Démoniaque. Il avait bien reconnu son odeur tout compte fait, lui qui avait l'habitude de traîner dans les vestiaires et dans les tribunes lorsque tous ces bipèdes se disputaient la vessie de porc. Et dire que lui, il se faisait gronder lorsqu'il se chamaillait avec l'un de ses congénères pour un os! Eux, ils se tapaient dessus pour attrapper une vieille vessie qu'ils s'empressaient de balancer à quelqu'un d'autre... Soupir... Ces humains... Re-soupir... Le bon vieux temps tout de même... Un moment qu'il n'avait pas mis les pattes sur un terrain. Beaucoup de cris, d'agitations, mais toujours de bonnes choses à manger à la fin. Voilà ce que cette odeur autrefois familière lui rappelait. L'était gentil, l'homme. Et ses maîtres l'aimaient bien. Un ami donc. A traiter comme tel. Un ami qui avait besoin d'un peu de réconfort.
Il leva le museau pour lui lécher la main doucement puis le posa délicatement sur les pieds de l'homme qui discutait avec sa maîtresse qui s'affairait dans la cuisine.

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Tang
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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:38

lyselle a écrit:
Voilà... Fournée terminée. C'était une petite fournée. Ces derniers jours, elle s'était contentée du pain pour la maisonnée.
Elle aurait pu en faire quérir par Aga chez un confrère, si elle se sentait fatiguée, il en aurait ramené en reveant du moulin. Mais non, elle avait préféré le confectionner elle même. Tanga était là, c'était leur invité, et cela lui faisait plaisir, de lui préparer du bon pain chaud et croustillant.
Mais elle était bien contente qu'elle soit enfin cuite, cette fournée. Elle allait pouvoir s'assoir pour discuter avec Tanga. Elle aurait bien aimé chasser ses soucis d'un sourire, mais, elle doutait que cela soit suffisant. Il est des peines que l'on peine à oublier, si tant est qu'on le puisse vraiment.

Elle se rapprocha de la table, un pichet de bière à la main. Baissa la tête vers Procyon et le repoussa légèrement de la main. Il lui collait aux jambes depuis ce matin, nerveux. Sûrement cette chaleur. D'ailleurs elle aussi avait chaud, elle était lasse, et le bébé qui se faisait particulièrement lourd aujourd'hui.
Elle passa la main sur son ventre rebondi et le caressa doucement, geste qu'elle avait déjà fait un nombre incalculable de fois aujourd'hui. Geste si habituel qu'elle le faisait machinalement, sans même y penser. Pourtant aujourd'hui, ce n'était pas tout à fait comme d'habitude. C'était différent sans qu'elle puisse vraiment dire en quoi.
Elle fronça les sourcils légèrement et repassa la main sur son ventre en posant le pichet sur la table. Les côtes écartelées, l'estomac compressé, les intestins écrasés. Rien de plus que d'habitude. Rien de plus, non, mais... de moins plutôt.
A cette heure, d'habitude c'était la grande forme. L'enfant gigotait énormément. Voilà pourquoi elle avait pris l'habitude de caresser son ventre... cela le calmait. Elle prit soudain conscience que toutes ces gesticulations éprouvantes s'étaient estompées au cours de la journée. Il ne bougeait presque plus. Elle aurait pu en être soulagée, mais non. Malgré cela, il pesait de plus en plus, se faisant de plus en plus lourd. Et elle s'en sentait... oppressée. A moins que cela ne soit cette chaleur.

Elle tourna la tête vers Tanga pour lui demander s'il voulait une autre bière mais la question ne franchit même pas ses lèvres. La bouche légèrement ouverte, elle laissa s'échapper un petit cri de surprise alors que le long de ses jambes, s'écoulait un liquide chaud. La pression... toujours cette pression... Un éclair de compréhension lui traversa l'esprit.


Tanga... Le bébé... Je... Il arrive.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:39

Tang n'avait rien dit lorsqu'elle s'était lancée dans une fournée.Il savait bien que cela n'aurait servit à rien. Il l'avait aidée comme il avait pu, lui son métier c'était la farine. Il repensa qu'il aurait pu lui en donner, il lui en restait de sa seule et unique fois ou il avait fait tourner son moulin.

Procyon, faut bien l'aouver lui chauffait le pied. Il faisait si chaud aujourd'hui. Lyselle arrivait avec le pichet salvateur lorsqu'elle le regarda d'un drôle d'air. Une petite flaque se formant à ses pieds.


Tanga... Le bébé... Je... Il arrive.

Il failli en renverser son bock. Il se leva d'un coup, faisant tomber sa chaise. Procyon se cogna la tête sous la table en se redressant suite au bruit de la chaise tombant au sol. Tang fit le tour de la table et soutint Lyselle.

Bon sang, Lyselle.... T'aurais pas du faire de pain aujourd'hui.. Je le savais!!!

Il la prit sous les bras.

Bon... Pas de panique...On va ou?... Tu vas pas accoucher sur la table tout de même...


Non, non. Montes moi dans ma chambre par là.

Elle avait la voix un peu rauque et on pouvait y sentir un peu de peur. Tang avisa l'escalier et amena non sans peine Lyselle monter les escaliers. Ils soufflaient tous les deux... A croire que même lui allait enfanter. Une fois arrivé en haut, elle posa une main sur le mur et reprit sa respiration en se tenant le ventre de l'autre. esquissa un sourire et il ouvrit la porte de sa chambre et l'aida à s'aliter.

Bon, Lyselle... J'ai jamais fait ça moi... Tu veux que j'aille chercher quelqu'un? Prévenir Agaga aussi? Avant?


Il avait sorti un linge propre et lui épongeait le front.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:41

lyselle a écrit:
Aga, oui... Aga... faudrait aller chercher Aga... et puis... La vieille Mahaut...

La vieille dame allait venir pour l'aider... Elle lui avait dit de la faire quérir pour la délivrance... ce n'était pas une affaire d'hommes. Elle leva les yeux vers Tanga qui attendait les instructions. Oui... lui dire où la trouver... Il n'était pas d'ici, c'est vrai. Il ne la connaissait pas. Elle ferma les yeux un instant en inspirant lentement. La douleur qui avait été absente jusqu'à présent lui vrillait maintenant le ventre. Quelques instants plus tard, elle reprit ses esprits.

La vieille Mahaut... Euh... tu traverses la place avec la fontaine derrière la maison et tu prends à droite...Elle accompagnait ses paroles de gestes nerveux euh... nan ... l'autre droite... à gauche, après la fontaine... ça se brouillait légèrement dans son esprit... des points de repère... lui donner des points de repère... suis les remparts... passe devant le cimetière et devant la petite fontaine aux oiseaux... quatrième maison dans la petite ruelle du fond... celle avec un affreux volet de bois vert qui pend, sorti de ses gonds... une nouvelle contraction, nouvelle grimace... ça ira? lui demanda-t-elle d'une voix angoissée, le regard empli d'apréhension mêlée d'espoir, apréhension quant à la suite des évenements et espoir qu'il ait compris ne serait-ce que la moitié au moins des indications qu'elle venait de lui donner.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:41

Il la regardait ne sachant que trop faire pour la soulager. Ces explications n'avait pas été très clair quand elle lui demanda si cela irait, il avait acquicié d'un hochement de tête.

Oui, oui, me débrouillerai t'inquiète pas... Allez, j'y file... Ensuite prévenir ton homme!!!
Ah... J'y pense...


Il dévala les escaliers et revint à grandes enjambée avec un gobelet et un picher d'eau fraiche qu'il posa à côté du lit.

Là..si t'as soif.
Allez, je vais te chercher ton amie... Tu bouges pas hein? Je peux te laisser t'es sûre?


ces gestes étaient hatifs et il toucha le drap, remonta l'oreillet derrière son dos, épongea une nouvelle fois le front de son amie. il avait du mal à la quitter, mais la voyant grimacer de nouveau, il redévala l'escalier en lui criant

Je reviens vite!!!


Il ouvrit la porte à la volée, Procyon sur ses talons qui aboyait et courut dans les rues d'Alais à la recherche de cette femme, Mahaut, dont Lyselle avait besoin.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:43

lyselle a écrit:
Elle acquiesça rapidement et le regarda s'en aller, Procyon sur les talons. Elle grimaça de nouveau. Ce que ça faisait mal... Se concentra pour reprendre le contrôle de sa respiration. Respirer calmement... Plus facile à dire qu'à faire... La chaleur, la douleur... des gouttes de sueur perlaient sur son front et la chatouillaient doucement pendant leur lente descente le long des courbes de son visage crispé. Elle s'essuya le visage dans le linge frais qu'avait laissé Tanga. Quelques gorgées d'eau fraîche. Cette attente, rythmée par les contractions qui déferlaient lui paraissait interminable. Elle essaya de se vider l'esprit, ne pas réfléchir... Elle sentait l'angoisse monter, sournoisement... Il allait revenir bientôt... en compagnie d'Aga et de Mahaut... Tout irait bien. L'attente, toujours et encore... Depuis combien de temps? Difficile à dire. Trop longtemps. La souffrance qui battait jusque dans ses tempes revenait et revenait encore inlassablement. La paille du matelas qui crissait sous ses doigts crispées aux articulations blanchies, ce liquide chaud qui s'enfuyait encore par moment... encore une... marée de douleurs qui s'enfuyait déjà pour la submerger bientôt.

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MessageSujet: Re: la boulangerie   Mar 31 Juil - 11:43

Tang marchait d'un bon pas. Il aurait bien couru mais ne connaissant pas vraiment le village, il n'avait pas envi de faire dix fois le tour avant de trouver cette maison.

Et ses explications... Alalaaa... C'est bien de la fille ça...

Il grommelait ressassant les paroles de Lyselle et son soit disant plan pour se rendre chez cette Mahaut.


La fontaine aux oiseaux.... Ah!! Les remparts oui!!! Ouf, je suis sur le bon chemin.

Il accèlera le pas afin de retrouver le cimetière, il passa la célèbre fontaine et ces oiseaux qui voletaient autour, et s'élança dans une ruelle. A vrai dire il n'y en avait pas tant que cela des ruelles
.

Alors, la bicoque avec le volet qui tombe... Là!!

Il Toqua à la porte du poing.

Dame Mahaut, dame Mahaut!!! Y a urgence!!! Ouvrez je vous prie vite!!!


La porte s'ouvrit en grinçant. Tang crut que le ventail allait tomber et lorsqu'il vit la femme, pensa la même chose d'elle. Il lui explica la situation, Lyselle se tordant de douleur sur son lit, les eaux perdues, l'enfant qui voulait sortir. Elle sourit, montrant une dentition éparse, luui dit de l'attendre deux minutes et disparut dans son antre.
Elle ressortit avec un bout d'étoffe sur la tête, un chale sur les épaules et tira la porte derrière elle. Ils s'en repartir tous les deux, Tang la tirant par le bras et elle grognant qu'elle ne pouvait aller plus vite que le chant des moineaux.

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